Terrorisme : faut-il réguler et surveiller les réseaux sociaux ?

Denis Jacopini, expert en cybercriminalité et en protection des données, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 20 octobre. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Twitter comme Facebook ont servi à véhiculer la "fatwa en ligne" contre l'enseignant assassiné. (DENIS CHARLET - AFP/Archives)

Marlène Schiappa va recevoir les patrons des branches françaises des principaux réseaux sociaux. Ceux-ci sont pointés du doigt pour avoir propagé la haine, avoir désigné Samuel Paty à la vindicte, Gérald Darmanin ayant qualifié cela de "fatwa en ligne". Qui est responsable ?

 

La personne qui poste est responsable

"Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont utilisés par quasiment la moitié des internautes sur terre, et la moitié de la population est connectée à Internet, détaille Denis Jacopini, expert en cybercriminalité et en protection des données. Cela représente plus de deux milliards de personnes ayant accès aux réseaux sociaux. Ces réseaux ont pour objectif de diffuser de l’information, avec un objectif bienveillant au départ."

Cependant, "un réseau social qui laisse la possibilité aux internautes de diffuser eux-mêmes des contenus, sans appliquer de contrôle, ne voit pas sa responsabilité engagée. C’est la personne qui poste qui sera responsable juridiquement. On l’a vu dans le cas du tableau L’origine du monde, quand on veut mettre en place un système de filtrage, on va commencer à grignoter sur la liberté d’expression. On ne peut pas avoir plus de sécurité en conservant la liberté d’expression, avec des outils beaucoup plus sécurisants."

 

Pas d'anonymat pour le terrorisme et pédophilie

"On est dans un climat permanent où les défenseurs de la liberté s’opposent à ceux de la sécurité", résume Denis Jacopini. Ne faut-il pas davantage de surveillance pour mieux détecter des messages suspects ? "Aujourd’hui, les systèmes de surveillance sont a posteriori au niveau des différents réseaux. Le seul qui peut détecter au moment du post, c’est le propriétaire du réseau social. C’est lui qui peut appliquer un système de censure pour vérifier que ce qui va être posté est conforme à certaines règles."

Ne peut-on pas supprimer l’anonymat, conserver l’identité des internautes au niveau des réseaux sociaux ?  "Là aussi, il y a un combat permanent, estime l’expert en cybercriminalité. Pour tout ce qui concerne le terrorisme et la pédophilie, il devrait y avoir une transparence complète de ces informations. Cela ne devrait pas être négociable. Mais nous sommes face à des opérateurs qui font ce qu’ils veulent. Utiliser des outils d’Intelligence Artificielle, ce sont des dépenses qu’ils n’ont certainement pas envie d’assumer en totalité."

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Retrouvez "le coup de fil du matin" du lundi au vendredi à 7h12 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.
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