Tentative d’attentat à Béziers : "comment détester la France au point de vouloir attaquer une église ?"

Cinq femmes soupçonnées d’avoir fomenté une action violente contre une église de Montpellier ont été interpellées à Béziers. Robert Ménard, maire de Béziers, était l’invité de Patrick Roger le 6 avril dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

Une tentative d'attentat contre une église déjouée à Béziers. (Denis Charlet - AFP/Archives)

"Elle se vantait de regarder des vidéos de Daesh"

Que sait-on de l’enquête, alors que quatre femmes ont été déférées à Paris ? "Celle qui est restée dans le Sud est mineure, précise Robert Ménard, maire de Béziers. Vous savez qu’en matière de terrorisme, tout cela peut durer 96 heures, le temps de la garde à vue. Manifestement, les choses étaient plus avancées qu’on ne l’avait imaginé. On avait parlé de produits pouvant potentiellement servir d’explosifs, aussi en vente pour d’autres choses. Il y avait des modes d’emploi sur comment fabriquer des explosifs et un certain nombre d’armes factices et véritables. Il semble qu’il s’agissait de s’en prendre à un établissement religieux, et je rappelle que, dimanche, c’était le jour de Pâques."

L’intervention s’est faite en extrême urgence dans la nuit de Pâques. Comment les enquêteurs ont-ils été informés de ce projet ? "La jeune femme de 18 ans qui est la principale suspecte allait sur un certain nombre de sites. Elle se vantait de regarder des vidéos de Daesh, et de vouloir organiser quelque chose à l’occasion des fêtes de Pâques. Tout cela a incité la DGSI et le RAID à intervenir en urgence et à se déplacer dans la nuit."

 

 "La radicalisation n’épargne pas les femmes musulmanes"

La mère et les trois sœurs de la jeune fille ont également été arrêtées. "Cela m’a étonné, je n’imaginais pas cela, souligne le maire de Béziers. Finalement, quand on discute avec des spécialistes, ils vous disent que la radicalisation n’épargne pas les femmes musulmanes. Avec le fait que Daesh se soit affaiblie en Irak et en Syrie, l’idée d’y aller combattre a moins de sens. Vous avez tendance à le faire chez vous. Cela se fait de plus en plus dans des milieux qui ne sont pas particulièrement surveillés. On est dans un quartier, le quartier de la Devèze, où l’islamisme se nourrit de gens déclassés. J’ai vécu mon adolescence dans la même cage d’escalier, à l’appartement en dessous. Je suis pied-noir, c’est un quartier qui a été construit pour les pieds-noirs. Aujourd’hui, la majorité des femmes de ce quartier sont voilées."

"Pourtant, il y a un vrai effort, nous avons investi 250 millions d’euros dans ce quartier. Nous venons de détruire 586 logements, nous allons reconstruire. Aujourd’hui, c’est une population d’origine immigrée largement majoritaire. Beaucoup sont Français depuis deux ou trois générations. Comment se fait-il que l’on n'ait pas réussi à les intégrer ? Comment peuvent-ils détester la France au point de vouloir attaquer une église ? Je ne suis pas contre l’immigration, précise Robert Ménard, mais contre une immigration sans contrôle et sans intégrer, comme la France l’a toujours fait."

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