"Sur 100 000 annulations de permis par an, entre 10 et 15% sont dues à de pures erreurs"

Embouteillage de voitures (©PIERRE ANDRIEU - AFP)
Embouteillage de voitures (©PIERRE ANDRIEU - AFP)

Avocat spécialiste de sécurité routière, Franck Sanson était l’invité du journal de 18h sur Sud Radio. Dans son viseur, le système du permis à points, qu’il juge injuste et truffé d’erreurs.

Entre 600 000 et 700 000 conducteurs conduiraient sans permis et sans assurance en France. C’est le constat que fait aujourd’hui la sécurité routière, qui part en guerre contre ces conducteurs illégaux. Avocat spécialiste de sécurité routière, Franck Sanson n’est pas du tout surpris par ce chiffre élevé, et pour cause. "Ce chiffre est assez facile à expliquer. La mise en place du permis à points il y a maintenant 20 ans a fait exploser les compteurs car cette machine infernale s’emballe. Près de 100 000 personnes perdent leur permis tous les ans pour défaut de points, pas parce qu’ils ont fait de grosses bêtises. C’est une mécanique automatique bourrée d’erreurs, qui jette évidemment sur les routes tout un tas de gens qui n’ont plus de points sur leur permis de conduire", dénonce-t-il au micro de Sud Radio.

"Arrêtons de retirer les permis aux gens n’importe comment"

Pour l’avocat, ce nombre élevé est en grande partie dû au système lui-même, et non au comportement des automobilistes. "Il faut arrêter de retirer les permis aux gens n’importe comment et dans n’importe quelles conditions. Ils partent en guerre contre les gens qui sont sans permis mais c’est le système de la sécurité routière qui le leur a enlevé ! C’est parfaitement ridicule ! Il faut savoir que sur les 100 000 annulations de permis par an, vous en avez 10 à 15% qui sont dues à de pures erreurs ! J’ai vu des gens qui ont perdu des points pour des infractions qui n’existent pas", s’exclame-t-il.

Selon Franck Sanson, c’est tout le système du permis à points qui est à revoir. "Je lutte tous les jours contre ce système complètement aberrant et automatique : rappelons que c’est un ordinateur qui retire les points, pas un magistrat ! C’est donc complètement aveugle et plein d’erreurs. Si on est confrontés à quelque chose comme ça, la première chose à faire est donc de vérifier qu’il n’y a pas d’erreur. Le fichier national des permis de conduire est un système qui marche très mal : ils oublient de valider les stages, ils retirent trop de points, ils se trompent dans les dates... Ce n’est pas une finalité : quand on n’a plus de point sur son permis, on peut se défendre", assure-t-il.

Écoutez en podcast l’interview de Franck Sanson sur Sud Radio

 

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Anonyme
- Dimanche 12 novembre 2017 à 16:53
Bonjour, j'écoute en redif l’émission du 11-11 traitant de la dématérialisation de demande de certificat d'immatriculation. Je réagis à l'argument de votre intervenant qui martèle avec insistance le gain de sécurité sur une cession dématérialisée. Le plus gros mensonge que je n'aie jamais entendu. Jusqu'alors, lors d'une cession, le vendeur et l'acheteur signent ensemble un acte de cession. À la charge du vendeur de transmettre la copie de cet acte à la Préfecture. Ceci l’affranchi de toutes poursuites relatives au véhicule concerné. D'ailleurs, je vous indique que le manquement à cette obligation d'informer la préfecture, est une infraction au CR réprimée par l'art R.322-4 al1. "Non déclaration dans les 15 jours au Préfet par l'ancien propriétaire, de la mutation d'un véhicule" (à ne pas confondre avec l'art 322-5, qui concerne l'a déclaration de l'acheteur dans les 30 jours). Néanmoins, il demeure que le vendeur n'est pas habilité à s'assurer de l'identité réelle de son acheteur, et dans le cas d'un paiement en numéraire, ce qui est permis et non limité entre particuliers, il est possible de céder son véhicule à une personne déclarant une fausse identité.

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