Strasbourg va attaquer l'Etat pour sa "défaillance" à mettre à l'abri les personnes à la rue

La ville de Strasbourg va attaquer l'Etat en justice pour sa "défaillance" à mettre à l'abri les personnes à la rue, notamment les migrants, a annoncé lundi la maire écologiste Jeanne Barseghian, invitant tous les "élus" et "associations" qui le souhaitent à se joindre à cette action.

SEBASTIEN BOZON - AFP

La ville de Strasbourg va attaquer l'Etat en justice pour sa "défaillance" à mettre à l'abri les personnes à la rue, notamment les migrants, a annoncé lundi la maire écologiste Jeanne Barseghian, invitant tous les "élus" et "associations" qui le souhaitent à se joindre à cette action.

"Nos moyens (municipaux) ne suffisent pas à répondre à cette grande détresse et à cette crise humanitaire. La mise à l'abri relève de l'État, il y a carence, donc j'ai décidé que la ville de Strasbourg intenterait une action en responsabilité contre l'État, du fait de cette défaillance", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse.

Elle n'a pas donné de date quant à la saisine de la juridiction, manifestement le tribunal administratif (TA), expliquant qu'elle aurait lieu "le plus vite possible".

"On arrive véritablement au bout d'un modèle. La France connaît une crise humanitaire sans précédent avec, dans toutes les grandes villes françaises, des centaines de personnes, dont des personnes très vulnérables, malades, des enfants, qui sont à la rue dans le froid, sans droits, sans accès aux soins, dans la misère", a poursuivi l'élue écologiste.

"Strasbourg n'échappe pas à la règle", a-t-elle ajouté, invitant "tous les élus" et "toutes les associations" qui le souhaiteraient à "rejoindre cette action en responsabilité contre l'État".

"Je vous rappelle quand même que l'une des premières promesses d'Emmanuel Macron en 2017, c'était qu'à la fin (de cette même année), il n'y aurait plus personne à la rue. Autant vous dire que cinq ans et demi plus tard, évidemment, cette promesse n'est absolument pas tenue", a encore déclaré Mme Barseghian.

La maire de la capitale alsacienne s'exprimait alors qu'un campement de migrants, situé au centre-ville et qui a compté jusqu'à 200 personnes, pour beaucoup venues de Géorgie, d'Albanie et de Macédoine, était sur le point d'être démantelé, après la décision vendredi du TA de Strasbourg qui a ordonné à la municipalité de l'évacuer, à la demande de la préfecture du Bas-Rhin.

Lundi, cette dernière a indiqué dans un communiqué avoir accordé à la mairie le concours de la force publique pour cette évacuation.

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