Stanislas Guerini, à propos de Cédric Villani : "Soit on est dans la République En Marche, soit on est dehors"

Stanislas Guerini, délégué général d'En Marche et député LREM de Paris, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 10 janvier sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Stanislas Guerini, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 10 janvier à 7h40.

Stanislas Guerini sur la réforme des retraites : "c'est tout sauf du passage en force !"

Alors que le conflit est en cours et qu'il y a peut-être encore des négociations, le texte de la réforme des retraites a visiblement été transmis jeudi 9 janvier au soir à des partenaires sociaux, avec le nouveau système universel et le maintien de l'âge pivot à 64 ans. Est-ce un passage en force ? s'interroge Patrick Roger. "C'est tout sauf du passage en force ! se défend Stanislas Guerini. Depuis le début des discussions, le gouvernement a montré qu'il était capable de bouger et dans un esprit de compromis. Il a dit que la conférence de financement proposée par la CFDT était une bonne idée, on souhaite la faire", affirme-t-il.

 

Il croit que "le compromis est possible et pas forcément très loin. Il faut qu'il y ait la volonté de part et d'autre de le faire". Selon lui, "il y a deux types de blocages : ceux qui ne veulent pas du tout mettre fin aux régimes spéciaux, qui sont très bloqués. Ça ne veut pas dire qu'on ne les écoute pas, qu'on n'a pas pris des choses qu'ils nous ont proposées. On ne reculera pas sur la fin des régimes spéciaux, parce que le régime universel est juste. Il y a un autre type de blocage sur le fait de mettre en place un régime équilibré, ajoute-t-il. Mais le débat a avancé et sur la manière d'y arriver, on est très ouvert".

 

"Olivier Faure fait la démonstration que le Parti socialiste n'est plus un parti de gouvernement"

"Je viens d'une gauche qui a toujours été pour le régime universel, qui est beaucoup plus juste : la position du Parti socialiste aujourd'hui, c'est un naufrage ! estime Stanislas Guerini. Je crois qu'Olivier Faure fait la démonstration que le Parti socialiste n'est plus un parti de gouvernement. Il essaie de faire croire qu'on peut favoriser de façon secrète un régime par capitalisation, mais c'est tout le contraire ! On est en train de sauver le système par répartition à la française ! Et les jeunes générations l'ont bien compris".

Certains y sont allés très fort dans leurs commentaires contre les partis de gauche et les syndicats qui bloquent le pays. Pour Stanislas Guerini, "il faut sacraliser absolument le droit de manifester, de ne pas être d'accord : c'est la démocratie. Mais j'ai quand même une petite pensée pour tous ceux qui galèrent, pour les commerçants, qui ont vécu l'année dernière une année catastrophique. Je suis inquiet de ce climat démocratique, parce qu'on a un climat d'affrontement très fort, avec tous celles et ceux qui légitiment à chaque fois la violence, je pense à Jean-Luc Mélenchon : c'est devenu systématique à chaque fois qu'il y a un fait de violence, un débordement, l'instant d'après, on a un tweet qui vient valider tout ça", remarque-t-il.

 

À propos de Cédric Villani : "soit on est dans la République En Marche, soit on est dehors"

Stanislas Guerini sera candidat aux municipales sur la liste de Benjamin Griveaux à Paris, en position non-éligible, tout comme Marlène Schiappa. "Je constate que Benjamin Griveaux, le candidat de la République En Marche, rassemble et qu'il est prêt à proposer un changement aux Parisiens", explique Stanislas Guerini. Mais Cédric Villani continue de faire bande à part, remarque Patrick Roger. "Il faut choisir ce qu'il veut, estime Stanislas Guerini. Soit on est dans la République En Marche, soit on est dehors. Je pense qu'une position qui est de rester jusqu'au bout dans la division n'est pas compatible avec la position de rester dans la République En Marche. Je suis l'artisan du rassemblement. Je ne crois pas que partir divisés au premier tour, ça soit une quelconque chance de pouvoir ramener tel ou tel électorat. Je ne raisonne pas comme ça.

Il faut des propositions politiques claires pour les gens qui se posent la question de savoir qui doit être demain à la place d’Anne Hidalgo pour proposer une autre politique aux Parisiennes et aux Parisiens. La division, c'est le poison. Il faut choisir : aller jusqu'au bout contre son camp, contre la majorité, contre le président de la République, c'est se mettre en dehors de la République En Marche".

 

Au sujet de la Convention citoyenne sur le climat, Stanislas Guerini n'exclut pas un référendum par la suite. "Je suis un grand défenseur de cette proposition depuis le début, confit-il. Ces espaces de délibérations, pour légitimer, pour nourrir les décisions des politiques, sont un instrument démocratique extrêmement puissant. Beaucoup de pays dans le monde s'intéressent à cette Convention citoyenne".

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