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Sciences Po: Mathias Vicherat de retour, des campus bloqués lundi en France

Des étudiants ont bloqué des bâtiments de l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po) une partie de la journée de lundi, dans la capitale mais aussi sur des campus implantés en régions, pour protester contre le retour et demander la démission de son directeur Mathias Vicherat, entendu en décembre par la police dans une enquête pour violences conjugales.

Dimitar DILKOFF - AFP/Archives

Des étudiants ont bloqué des bâtiments de l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po) une partie de la journée de lundi, dans la capitale mais aussi sur des campus implantés en régions, pour protester contre le retour et demander la démission de son directeur Mathias Vicherat, entendu en décembre par la police dans une enquête pour violences conjugales.

Lundi matin, deux sites de Sciences Po ont été "bloqués par une cinquantaine d'élèves", a indiqué à l'AFP la direction de l'établissement, précisant que les campus décentralisés de l'établissement à "Reims, Nancy, Poitiers, Le Havre" l'étaient également.

Mais la direction a affirmé que les cours étaient "tout de même assurés en distanciel".

Tous ces blocages ont été levés dans la journée, a précisé la direction en début de soirée.

Dans un message adressé lundi midi aux étudiants, salariés et enseignants, dont l'AFP a obtenu copie, Mathias Vicherat, 45 ans, a dit mesurer "avec gravité, que la confiance a pu être entamée, distendue". "Je sais aussi que celle-ci ne se décrète pas mais qu'elle se bâtit dans la durée et à chaque instant à travers le souci permanent de l’efficacité, du collectif et de l'humilité", a-t-il poursuivi.

Invitant "tous les acteurs et actrices de Sciences Po qui le souhaiteront" à le rencontrer, il a ajouté s'"inscrire résolument et durablement avec tous et toutes dans cette démarche d’écoute et de dialogue".

Devant l'entrée du principal bâtiment de Sciences Po au 27 rue Saint Guillaume dans le VIIe arrondissement, poubelles, barrières, vélos et palettes ont été entassés par une trentaine d'étudiants présents, a constaté l'AFP.

Sur les murs du bâtiment, des affiches sur lesquelles on pouvait lire "Vicherat démission" ont été collées. Sur une banderole était inscrit : "Professeurs protégés, victimes délaissées", ou encore "Sciences Po, paradis de l'impunité".

"On est ici pour protester contre la fin de la période de retrait du directeur qui n'aura duré que le temps des vacances", a regretté Inês Fontenelle, de l'Union étudiante.

Mathias Vicherat et son ex-compagne Anissa Bonnefont, qui s'accusaient réciproquement de violences conjugales, ont été placés en garde à vue le 3 décembre avant d'être remis en liberté le lendemain. Une enquête préliminaire a été ordonnée par le parquet de Paris. Le directeur avait proposé de se mettre en retrait le 11 décembre.

Les étudiants effectuaient lundi leur rentrée après une période d'examens et de vacances.

"On espère que Mathias Vicherat prendra ses responsabilités et démissionnera afin de restaurer un climat de confiance avec les étudiants qui est rompu", a ajouté l'étudiante.

Un peu plus loin, une étudiante en Master recherche en sociologie, qui n'a pas souhaité donner son identité, estime que "ce retour est une insulte aux victimes de violences sexistes et sexuelles, au personnel de Sciences Po et à sa communauté étudiante".

Peu après son arrivée à la tête de Sciences Po fin 2021, son directeur avait décrété comme "priorité absolue" la lutte contre ces violences.

Un conseil de l'institut exceptionnel est prévu mardi midi, ainsi qu'un conseil d'administration exceptionnel mercredi après-midi, selon des sources concordantes.

AFP / Paris (AFP) / © 2024 AFP

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