Sarcelles, enclave hospitalière pour les juifs

François Pupponi, tête de liste PS aux municipales de Sarcelles, évoquait dans le Grand Matin la nécessité de bien accueillir la population juive. Surnommée la "petite Jérusalem", Sarcelles est une ville à part dans le paysage des banlieues.

L'artiste Combo est l'auteur d'une fresque intitulée "#CoexistSarcelles" à Sarcelles (Photo by JOEL SAGET / AFP)

Reportage de Clément Bargain à Sarcelles.

L'ancien maire de Sarcelles, François Pupponi, était l'invité du Grand Matin pour évoquer l'islamisation des quartiers dont certains à Sarcelles. Désormais tête de liste PS aux municipales, il revient dans cette ville où il a déjà été maire pendant plus de 20 ans. Un homme politique qui a fait beaucoup pour la communauté juive. Avec environ 12 000 personnes sur une population totale de 60 000 habitants, Sarcelles est l’une des diasporas juives les plus importantes en France. La ville garde cette réputation de havre de paix pour les familles juives en quête de sécurité, mais qui n’ont pas les moyens de s’installer dans l’ouest parisien... À Sarcelles, la cohabitation entre minorités résiste.

Sylvie a toujours vécu à Sarcelles, elle a choisi cette ville pouvoir vivre sa religion librement

"Il n'y a pas d'antisémitisme à Sarcelles. On s'accepte les uns les autres, on peut d'ailleurs porter la kippa." raconte Sylvie, elle-même de confession juive.

Dans ce quartier qu’on surnomme "la petite Jérusalem", la communauté juive se sent en sécurité… c’est le plus important pour Sarah… elle a 19 ans.

"Tout est aménagé pour nous : quand il y a des fêtes religieuses, on coupe la circulation, quand il y a eu les attentats, beaucoup de médias sont venus, on a la synagogue. On a l'impression d'être une grande famille." s'enthousiasme Sarah.

Hors des murs, tout n'est pas rose...

Il faut dire qu’en dehors de Sarcelles, la communauté juive se sent vulnérable. En l'espèce, Sarah et Etan ont pris pour habitude de cacher leur religion

"Dès que quelqu'un nous regarde de travers à Paris, est-ce qu'on ne risque pas plus de choses que les autres en étant juif ?" déplore Sarah qui corrobore les propos d'Etan, lequel considère que "arriver à l'école en kippa, c'est dangereux".

À Sarcelles, une personne sur cinq est de confession juive. Claude vit ici depuis plus de 40 ans et il observe une montée du communautarisme.

"Chacun veut du casher, du halal... Tout porte à la religion, il n'y a plus d'intégration. Ils veulent vivre exactement comme au pays. Chez moi ou à la synagogue, je suis juif mais dehors, je suis un français nationaliste, bleu-blanc-rouge" explique Claude, habitant de Sarcelles depuis 40 ans.

Un attachement qui ne suffit pas, pour un juif français sur cinq, d’envisager sérieusement un départ à l’étranger.