Salon REGAL : est-il encore possible de manger bon et pas cher ?

Le Salon REGAL, Rencontres Gustatives Agricoles et Ludiques, se tient à Toulouse jusqu'au 16 décembre. Plus de 260 producteurs sont venus des 13 départements de la région, pour un immense marché. C'est l’occasion de trouver des bons produits. Mais en cette période de questionnement autour du pouvoir d’achat des Français, des Gilets Jaunes expliquant ne pas pouvoir remplir leurs frigos, est-il encore possible de manger bon et pas cher ? Christine Bouillot de Sud Radio est allée à la rencontre des producteurs dans les allées du salon REGAL.

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"On avait avant des clients qui venaient pratiquement tous les jours. Aujourd'hui, on a des clients qui viennent ponctuellement"

Hervé Sancho est boucher Meilleur Ouvrier de France. Il a ouvert des magasins à Bagnères-de-Bigorre, mais également à Paris. Conjuguer bon et pas cher est avant-tout pour lui une question de saison, mais aussi de dosage : "On avait avant des clients qui venaient pratiquement tous les jours. Aujourd'hui, on a des clients qui viennent ponctuellement, pour un anniversaire, une fête, mais ils viennent dans l'objectif de se faire plaisir. Si on n'a pas trop d'argent, on fait un pot-au-feu : dix euros, cinq personnes, vous avez le bouillon, la viande, et après vous avez les restes".

La qualité du produit a un prix : celui qui fait vivre le producteur. Pour Laurent, des Foies Gras du Quercy, "Le problème, ce sont les normes. On a mis une plate-forme pour laver les camions et à chaque passage dans les fermes, on lave les camions par exemple. Ça coûte deux millions d'euros. Ce qui n'est pas répercuté en Pologne par exemple".

"On a voulu faire croire aux gens, avec les grandes surfaces, qu'on pouvait tout manger à n'importe quel prix"

Pierre-Jean Savoldelli est vigneron à Collioure, dans les Pyrénées-Orientales. Avant de parler prix, il estime qu'il faut d'abord apprendre à consommer. "On a voulu faire croire aux gens, avec les grandes surfaces, qu'on pouvait tout manger à n'importe quel prix. Et ça, ça ne marche pas. Il y a tout ce monde de consommation et l'éducation des gens qu'il faut refaire" explique-t-il.

En moyenne, les ménages dépensent 24% de leur budget pour l'alimentation.

 

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