Retrouver ses copains et porter le masque: une rentrée scolaire sous le signe du Covid

La joie de retrouver ses copains, avec parfois la contrainte du masque: près de 12,3 millions d'élèves font leur rentrée, jeudi, cette fois sous la menace du variant Delta qui suscite de nombreuses interrogations chez les parents et enseignants.

Quel est le taux de vaccination en cette rentrée 2021 dans les collèges et lycées ? (Martin BUREAU - AFP/Archives)

La joie de retrouver ses copains, avec parfois la contrainte du masque: près de 12,3 millions d'élèves font leur rentrée, jeudi, cette fois sous la menace du variant Delta qui suscite de nombreuses interrogations chez les parents et enseignants.

Bachir, qui entre en CM1 dans une école de Romainville (Seine-Saint-Denis) a "trop hâte de retrouver les copains". "C'est pas très cool de devoir remettre le masque mais si au moins on peut l'enlever en récréation, c'est déjà ça", se contente le garçon de 9 ans.

Pour cette rentrée, le ministère a retenu le protocole sanitaire de "niveau 2" (sur 4) qui autorise tous les élèves à être accueillis en présentiel et leur impose le port du masque en intérieur, sauf en maternelle.

"Comme l'année dernière, on va devoir vivre encore avec le virus, porter le masque, respecter les gestes barrières", a précisé dans une vidéo destinée aux élèves, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, qui visitait une école à Marseille jeudi, avec le président Emmanuel Macron.

A Marseille, le président a écouté les doléances des enseignants et parents d'élève d'une école du 13e arrondissement, où le taux de pauvreté atteint 28% et qui effectue sa dernière rentrée avant sa destruction.

Un peu plus tôt dans la journée, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a assuré sur Franceinfo que le gouvernement "va tout faire pour que cette année se déroule dans les meilleures conditions possibles avec évidemment une situation sanitaire qui reste un point de vigilance".

- "Pas simple" -

Un cas de Covid-19 dans une classe en primaire entraînera une fermeture, comme en juin.

Rentrée scolaire : le protocole sanitaire

Rentrée scolaire : le protocole sanitaire

Bertille LAGORCE - AFP

"Je n'ai pas vraiment de solution (en cas de fermeture), l'année dernière on avait le droit au chômage partiel, cette année je ne sais pas. On se débrouillera au cas par cas", explique Anne Aubriat, dont la fille Flavie Chaumont, 9 ans, rentre en CM1 à Metz.

En cas de contamination au collège ou au lycée, seuls les élèves cas contacts qui ne sont pas vaccinés devront s'isoler une semaine. Un défi aussi pour les enseignants.

"On se doute que ce ne sera pas simple", commente Françoise Cahen, professeure de français dans un lycée d'Alfortville (Val-de-Marne). "Il faudra faire preuve d'esprit d'adaptation, mais c'est quelque chose qu'on sait mieux faire après ces deux années."

La rentrée 2021/2022

La rentrée 2021/2022

Cléa PÉCULIER - AFP

Nouveauté en cette rentrée: collèges et lycées vont contribuer à la campagne de vaccination, ouverte seulement aux plus de 12 ans. Le gouvernement prévoit d'envoyer des "équipes mobiles" dans certains établissements et d'acheminer des groupes d'élèves volontaires vers les centres de vaccination.

"Mon enfant entre en CE1, il n'est donc pas concerné par la vaccination mais je crains qu'on y vienne prochainement et je ne sais pas comment nous ferions car je suis totalement opposée à la vaccination des enfants", confie une maman, qui a souhaité rester anonyme, devant une école de banlieue parisienne.

La secrétaire d'Etat chargée de l'éducation prioritaire Nathalie Elimas (G) et le ministre français de l'Education, de la Jeunesse et des Sports Jean-Michel Blanquer (D) quittent le palais présidentiel de l'Elysée après le conseil des ministres hebdomadaire à Paris, le 1er septembre 2021

La secrétaire d'Etat chargée de l'éducation prioritaire Nathalie Elimas (G) et le ministre français de l'Education, de la Jeunesse et des Sports Jean-Michel Blanquer (D) quittent le palais présidentiel de l'Elysée après le conseil des ministres hebdomadaire à Paris, le 1er septembre 2021

Christophe ARCHAMBAULT - AFP

Flora Michelangeli, 18 ans, en terminale au lycée professionnel Saint-Marc à Lyon, qui a déjà reçu sa première dose pour éviter le distanciel raconte que "la dernière fois, (elle) n’arrivai(t) pas à travailler à cause du fait d’être chez (elle)".

Environ 60% des adolescents et 89% des enseignants sont vaccinés en France, selon Jean-Michel Blanquer.

- Le vaccin, "clé" de la rentrée -

"La question de l'avancée de la vaccination est la clé de cette rentrée dans le secondaire", estime Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU. "Mais la vaccination ne protège pas complètement, dit-elle. On sait que le virus va circuler. La question est de savoir dans quelles proportions et dans quelle mesure (le fait) d'avoir des élèves vaccinés va jouer."

La secrétaire d'Etat chargée de l'éducation prioritaire Nathalie Elimas (G) et le ministre français de l'Education, de la Jeunesse et des Sports Jean-Michel Blanquer (D) quittent le palais présidentiel de l'Elysée après le conseil des ministres hebdomadaire à Paris, le 1er septembre 2021

La secrétaire d'Etat chargée de l'éducation prioritaire Nathalie Elimas (G) et le ministre français de l'Education, de la Jeunesse et des Sports Jean-Michel Blanquer (D) quittent le palais présidentiel de l'Elysée après le conseil des ministres hebdomadaire à Paris, le 1er septembre 2021

Christophe ARCHAMBAULT - AFP

"Il est possible qu'il y ait une augmentation des contaminations", a averti M. Blanquer, ce qui pourrait entraîner un durcissement du protocole sanitaire dans les écoles, à échelle locale ou nationale.

Déjà, aux Antilles et dans les zones rouges de Guyane, la rentrée a été reportée du 2 au 13 septembre en raison de la situation sanitaire "grave" qui y sévit.

Les interrogations ne portent pas uniquement sur la situation sanitaire: "on se demande dans quel état pédagogique on va retrouver les élèves", souligne Sophie Vénétitay, du Snes-FSU.

La secrétaire d'Etat chargée de l'éducation prioritaire Nathalie Elimas (G) et le ministre français de l'Education, de la Jeunesse et des Sports Jean-Michel Blanquer (D) quittent le palais présidentiel de l'Elysée après le conseil des ministres hebdomadaire à Paris, le 1er septembre 2021

La secrétaire d'Etat chargée de l'éducation prioritaire Nathalie Elimas (G) et le ministre français de l'Education, de la Jeunesse et des Sports Jean-Michel Blanquer (D) quittent le palais présidentiel de l'Elysée après le conseil des ministres hebdomadaire à Paris, le 1er septembre 2021

Christophe ARCHAMBAULT - AFP

"Cette rentrée aurait nécessité la mise en place d'un plan d'urgence et la création massive de postes pour l'éducation, dans un contexte qui a rendu plus compliquée la progression des apprentissages", estime dans un communiqué une intersyndicale CGT, FSU, FO et Sud. Ces syndicats appellent à la grève le 23 septembre pour demander plus de moyens pour l'école.

vac-asm-burs/pga/sr

Par Anne-Sophie MOREL, Vanessa CARRONNIER / Paris (AFP) / © 2021 AFP