Restos, salles de sport, discothèques, spectacles... "On finira peut-être dans la rue"

Pour eux, toujours pas de lumière au bout du tunnel. Les commerces ont rouvert ce week-end, mais pour les patrons de restaurants, de salles de sport, ou de discothèques l’avenir est toujours aussi sombre. Au mieux, une réouverture le 20 janvier. En attendant, il faut tenir où plutôt survivre et piocher dans les économies.

Une manifestation dénonçant la mort des restaurants à Bastia fin novembre. (Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP)
Reportage Sud Radio de Lionel Maillet

 

"Depuis le mois de mars, on a eu 3000 euros de revenu en tout et pour tout ! On a quand-même des enfants, une maison !"

Pour faire des économies, Isabelle reconnaît qu’elle saute parfois quelques repas: la pizzeria qu’elle a monté avec son mari, il y a deux ans prés d’Avignon, n’est pas loin de mettre la clé sous la porte:

"On est en train de vider tous nos plans retraite, les uns derrière les autres, pour pouvoir vivre"

 

"Quand il n'y aura plus, ça sera la mort annoncée", redoute son compagnon: "on finira peut-être dans la rue".

 

Agence de voyage à l'arrêt

Autre activité, mais avec un avenir tout aussi incertain pour cette agence de voyage des Bouches du Rhône: "C'est la catastrophe, impossible de travailler. les seules destinations ouvertes actuellement, c'est la France, et encore sous certaines conditions. Ce qui nous aide un peu est de ne pas avoir de salariés en charge, sinon ça aurait été encore plus compliqué. On arrive à tenir tant bien que mal, espérons jusqu'à la fin de l'année - début 2021. Mais à un moment donné, il faut que ça reparte: je pense qu'on en aura tous besoin !"

 

Chanteur au RSA

Et ce n’est pas Jean-Marc Llorens qui dira le contraire. Son dernier cachet de chanteur remonte à février dernier:

"Bientôt, ça va être le RSA. Parce qu'on parle des salles de spectacle, mais avant que les musiciens puissent se produire dans des salles de spectacles, on a tous démarré dans des bars et des restaurants. Et là, le monde de la culture d'en bas, il est en train de mourir également"

Passionnés par leur métier, ces professionnels n’imaginent pas changer de voix, mais une reconversion va peut être finir par s’imposer.

 

"Les loyers, on doit toujours les payer"

Jacques, restaurateur sur le Promenades des Anglais à Nice, ne voit pas le bout du tunnel:

"Après  21 ans de travail, j'ai 64 ans: tout ce que j'ai mis de côté est parti. J'ai fait un prêt de 100.000 euros pour avoir le PGR (prêt garanti par l'Etat, ndlr), ce PGE est parti dans la  première phase des loyers. Ces décisions sont prises par des gens qui touchent 15 à 20.000 euros par mois. Plus ça dure, plus ils nous ruinent et plus on aura du mal"

 

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