Réouverture: "On a du mal à trouver en cuisine et au bar, beaucoup ont déserté le métier"

À neuf jours de la réouverture des terrasses, les restaurateurs ont beaucoup de mal à trouver du personnel. Cuisiniers, serveurs, plongeurs manquent à l’appel. Après des mois de fermeture, certains ont préféré changer de métier, et les établissements ont toutes les peines à recruter.

Livraison de fûts de bière en attendant la réouverture (BERTRAND GUAY / AFP)
Reportage Sud Radio de Lionel Maillet

 

Les petites annonces, le bouche à oreille... Cela fait trois semaines que Meriem Sellami se démène pour trouver les trois employés qui lui manquent pour ouvrir son restaurant sur le port de la Ciotat:

"Il me manque un cuisinier, un plongeur, un serveur... C'est l'enfer. Les gens sont allées travailler ailleurs. Dans la maçonnerie... Même logés, bien payés, ils ne veulent pas venir."

 

Deux établissements, encore quatre personnes à embaucher et un autre problème : en ce moment, avec la fermeture, pas la possibilité de tester en conditions réelles les rares candidats qui se présentent chez Théo Bordone. "On s'attend à une reprise assez intense, et on est obligés de chercher du personnel minimum expérimenté, parce qu'on n'aura pas la possibilité de former des gens, même hyper volontaires dégourdis ou volontaires: on n'aura pas le temps de les former. Le premier essai, ça sera le premier jour où on espère bien travailler." Un peu de chance, et grâce aux réseaux sociaux, cette restauratrice marseillaise s’en sort plutôt bien. "Ça va, notre épique de cuisine est complète, et notre équipe de salle est en train de se monter." Même si elle aussi pointe ce bémol, "les étudiants, ça sera juste deux mois. Nous, la saison dure six mois!" Ouverture des terrasses le 19 mai avec quand-même une bonne nouvelle: déjà les premières réservations.

 

"On n'a pas encore l'effectif au complet, on a du mal à trouver en cuisine et derrière le bar. Il y a beaucoup de professionnels de la restauration qui ont déserté le métier après autant de mois de fermeture, soit qui se sont réorientés ou ont cherché quelque-chose d'un peu plus stable. Pas mal cherchent mais ne veulent plus forcément travailler le soir ou le week-end ou pas forcément faire la saison complète, donc c'est compliqué..." - Théo Bordone, restaurateur à La Ciotat