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Rémunération des agriculteurs: le patron d'Intermarché appelle à un texte "plus contraignant"

Le patron des Mousquetaires/Intermarché Thierry Cotillard a appelé jeudi à un texte Egalim "plus contraignant" pour mieux rémunérer les producteurs agricoles français, proposant notamment d'encadrer les négociations entre producteurs et transformateurs agro-industriels.

Geoffroy VAN DER HASSELT - AFP/Archives

Le patron des Mousquetaires/Intermarché Thierry Cotillard a appelé jeudi à un texte Egalim "plus contraignant" pour mieux rémunérer les producteurs agricoles français, proposant notamment d'encadrer les négociations entre producteurs et transformateurs agro-industriels.

Question: Comment réagissez-vous à la volonté du gouvernement de réformer une nouvelle fois le cadre des négociations commerciales avec vos fournisseurs?

Réponse: "Je salue les annonces du Premier ministre Gabriel Attal, d'autant plus que tout en étant président des Mousquetaires/Intermarché je revendique des origines agricoles et que le sujet me touche donc à double titre. Je comprends les agriculteurs qui ont des demandes légitimes.

J'appelle à un texte qui soit plus contraignant et plus directif, avec davantage de transparence sur le prix auquel est acheté la matière première agricole."

Q: Comment?

R: "Nous proposons la mise en oeuvre d'un mécanisme d'encadrement préalable des négociations entre les transformateurs (de l'agro-industrie) et les producteurs agricoles, comme le sont aujourd'hui celles entre distributeurs et industriels. On aurait un calendrier dédié à ces négociations, avec une date butoir au 1er décembre, date à partir de laquelle débuteraient les négociations entre les industriels et nous. Le coût de la matière première agricole pourrait être précisé systématiquement lors de la négociation entre industriels et distributeurs.

Q: Quelle est votre position sur les centrales d'achat européennes?

R: "Il faut faire preuve de discernement, non pas au niveau national mais européen. Il y a une guerre juridique, des distributeurs prennent des amendes, vont en arbitrage ou en appel en disant que le droit européen s'impose au droit français et qu'ils peuvent acheter à l'étranger sans que le droit français ne s'applique. On voit bien qu'il y a un flottement juridique pour lequel on n'a pas la sentence finale."

"Dans d'autres secteurs, l'aéronautique, la chimie, les euro-centrales existent et le droit européen prévaut. Ce sont des outils incroyables pour lutter contre les augmentation de tarifs des multinationales, mais pourquoi ne pas mettre en place une charte qui exclurait des négociations conduites dans ces centrales les produits à forte composante agricole ?"

"Par exemple Herta, filiale en partie du groupe Nestlé, est très concernée par le prix du porc et il faudrait donc qu'Egalim s'applique à lui. On pourrait en dirigeants responsables sortir cette filiale des négociations conduites au niveau européen avec Nestlé."

"Ce serait au bon vouloir des quatre ou cinq dirigeants de la grande distribution française, mais on a su faire preuve d'intelligence collective à plusieurs reprises, notamment lors de la période du Covid-19 mais aussi dans le rapport avec les PME."

Q: Appelez-vous à généraliser les dispositions de la loi Egalim à l'ensemble des clients de la filière agricole, pas uniquement aux distributeurs?

R: "La première chose à faire avant de réinventer une loi, c'est de veiller à ce que la dernière version s'applique. La loi Egalim prévoyait que les collectivités doivent s'approvisionner à 20% en produits bio ou locaux pour la restauration collective, on en est très loin."

"Il serait de bon ton de mettre tout le monde autour de la table. Pour eux comme pour nous, le +made in France+ influera vraiment sur le revenu agricole. Si vous avez une demande supérieure à l'offre, le prix payé aux producteurs augmentera".

Q: Le ministre de l'Agriculture a critiqué le "manque de patriotisme" de la grande distribution, comment réagissez-vous?

R: "C'est irresponsable de sa part de trouver à un problème multifactoriel un seul coupable. Il a aussi sa part de responsabilité en simplifiant les procédures administratives. Nous on a peut-être une part de responsabilité, mais quand l'approvisionnement de plein de produits, le lait, les oeufs sont 100% français, je ne trouve pas très sérieux de faire des annonces aussi violentes auprès d'un auditoire qui attend surtout des solutions".

Par Corentin DAUTREPPE / Paris (AFP) / © 2024 AFP

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