Ramadan accuse une des plaignantes d'avoir produit de fausses preuves

Tariq Ramadan, désormais mis en examen pour des viols sur cinq femmes, a de nouveau porté plainte contre l'une d'elles en l'accusant d'avoir produit de fausses preuves, a-t-on appris mardi auprès de ses avocats.

Thomas COEX - AFP/Archives

Tariq Ramadan, désormais mis en examen pour des viols sur cinq femmes, a de nouveau porté plainte contre l'une d'elles en l'accusant d'avoir produit de fausses preuves, a-t-on appris mardi auprès de ses avocats.

L'islamologue a déposé deux plaintes vendredi, pour "faux et usage de faux" et "tentative d'escroquerie au jugement", contre "Christelle", surnom dans les médias d'une des premières plaignantes qui l'accuse d'un viol commis le 9 octobre 2009 à Lyon.

Les avocats de l'intellectuel suisse de 58 ans assurent, expertise privée à l'appui, que "Christelle" a menti sur l'origine et la date d'un selfie montrant son visage tuméfié et versé à la procédure comme preuve des violences subies ce soir-là dans une chambre d'hôtel.

Selon la plainte, consultée par l'AFP, ces photos ne contiennent pas les métadonnées permettant de les dater.

Et selon l'expert privé, le téléphone, légèrement visible sur ces clichés pris face à un miroir, ne correspond à aucun modèle possible de la marque LG qu'affirmait posséder "Christelle" à l'époque.

L'expert estime possible que le téléphone ayant pris la photo soit plutôt un Blackberry, marque privilégiée par Tariq Ramadan pour ses échanges via messagerie avec les femmes qu'il séduisait et dont "Christelle" a fait l'acquisition par la suite.

La seconde plainte accuse "Christelle" d'avoir retouché des captures d'écran d'une conversation Skype avec l'islamologue pour accréditer sa version des faits. Une plainte pour "faux" et "tentative d'escroquerie au jugement" a aussi été déposée cet été contre Henda Ayari, la première plaignante à l'origine de l'enquête judiciaire.

"Il faut que les preuves matérielles à décharge pour Tariq Ramadan puissent être prises en compte", réclament les conseils de M. Ramadan, qui ont déposé ces nouvelles plaintes après le refus des juges d'instruction de mener des investigations sur ces éléments.

"On ne peut pas refuser des investigations sous principe qu'elles pourraient affaiblir les accusations et en même temps prendre pour acquis des déclarations qui varient à 180 degrés à chaque interrogatoire", accusent Mes Nabila Asmane, Ouadie Elhamamouchi et Philippe Ohayon dans une déclaration commune.

"La défense de Tariq Ramadan prend l'eau et est en pleine panique", a rétorqué Me Eric Morain, l'avocat de "Christelle".

"Il faut intimider les victimes par des plaintes aussi systématiques qu'infondées. Et tenter de parler d'autre chose que des preuves accablantes qui valent à Tariq Ramadan pas moins de 5 mises en examen pour viols", a-t-il ajouté.

Tariq Ramadan a déjà déposé plusieurs plaintes en "dénonciation calomnieuse" contre ses accusatrices.

bl/mk/pa/dch

AFP / Paris (AFP) / © 2020 AFP