Procès des saccages à l'Arc de Triomphe - Sans les principaux responsables, "plus un symbole"

Plus de deux ans après les images désormais tristement célèbres de l'Arc de Triomphe vandalisé, tagué, le procès s'ouvre aujourd'hui sans les principaux protagonistes.

Le 1er décembre 2018 marque un tournant dans la violence dans le cadre des manifestations de Gilets jaunes. (Photo de Geoffroy Van der Hasselt / AFP)

Propos recueillis par Mathilde Choin.

Les scènes d'émeutes au pied de l'Arc de Triomphe ont, forcément, marqué les esprits. Dix personnes sont jugées dès aujourd'hui à Paris pour le saccage du monument de commémoration de la bataille d'Austerlitz et de la Première Guerre Mondiale, le 1er décembre 2018 pendant une manifestation de Gilets jaunes. Le constat est salé : un million d'euros de dégâts, cinq œuvres d'art endommagées et des images qui ont fait le tour du monde. Un procès sans les principaux responsables, jamais retrouvés, malgré les 400 interpellations dans la capitale ce jour-là, un record à l'époque. Un procès "symbolique" pour Jean-Philippe Morel, avocat de l'association Halte au pillage du patrimoine archéologique et historique.

"Notre association (Halte au pillage du patrimoine archéologique et historique), partout en France, lutte quotidiennement contre les atteintes "silencieuses" au patrimoine. Mais là, une ligne rouge a été franchie. L'intérieur de l'Arc a évidemment été réparé, les oeuvres d'art restaurées mais le traumatisme national est encore présent. Alors il faut une réparation symbolique qui passe par un procès".

 

Pas de "casseur" de l'Arc de Triomphe interpellé, quelles conséquences pour les autres prévenus ?

Noémie Saidi-Cottier est l'avocate de deux jeunes qui avaient passé quelques semaines en détention provisoire. Elle ne nie pas certains faits mais appelle à la nuance et à un jugement équilibré. Tout en rappelant le contexte chaotique du moment.

"C'était quand même extrêmement violent. Quand le périmètre de sécurité a lâché, des personnes sont allées se réfugier dans l'Arc de Triomphe. Certains ont pillé, vandalisé, mais mon client est parti avec des cartes postales. Il ne s'est pas levé le matin en disant qu'il allait saccager l'Arc de Triomphe. Ce sont vraiment les circonstances qui ont fait qu'il s'est retrouvé là, et qu'il a ramené un souvenir. Est-ce qu'on doit requérir la prison pour ça ? Non, certainement pas. Du moment que les moins impliqués ne sont pas jugés comme les principaux protagonistes, ça me va".