Procès des indépendantistes catalans : "c'est impossible d'effacer 2,4 millions personnes qui ont voté pour l'indépendance"

Jordi Vera
Le procès des indépendantistes catalans a démarré mardi 12 février. AFP

Les indépendantistes catalans ont manifesté mardi 12 février au soir devant le consulat d'Espagne à Perpignan, pour soutenir les 12 dirigeants catalans jugés depuis le matin-même devant la plus haute juridiction espagnole pour rébellion et sédition à Madrid. Tous encourent de très lourdes de peines de prison : de 17 à 30 ans de prison. Ce procès hors normes (600 journalistes, retransmission en direct...), qui va durer plusieurs mois, est suivi de près par Jordi Vera, chef de file des indépendantistes catalan en France et ancien réfugié du franquisme, pour qui il n'est pas question de perdre une miette de ce procès. Christine Bouillot de Sud Radio est allée à sa rencontre à Perpignan.

"la garantie démocratique d'innocence n'est pas du tout respectée"

Même avec son téléphone portable, Jordi Vera est bien décidé à suivre à la télévision toutes les audiences de ce procès. "Je suis en train de regarder en direct la première journée du procès des indépendantistes catalans. L'avocate est en train de dénoncer le fait que la garantie démocratique d'innocence n'est pas du tout respectée" explique-t-il à Christine Bouillot de Sud Radio.

Mais il préfère parler de punition de la part de Madrid : "la vice-présidente du gouvernement espagnol a dit publiquement 'il faut décapiter la classe politique en Catalogne ! Il faut que les indépendantistes n'aient plus de dirigeants actifs pendant des années'. C'est ce qu'ils sont en train de faire aujourd'hui."

"c'est impossible d'effacer 2,4 millions personnes qui ont voté pour l'indépendance"

Empêcher toute velléité d'indépendance de la part des Catalans, pour Jordi Vera, c'est l'inverse qui va se produire avec ce procès : "aujourd'hui, c'est impossible d'effacer 2,4 millions personnes qui ont voté pour l'indépendance. On a affaire à des élus politiques qui non seulement ont été élus, mais ont respecté leurs engagements politiques... Et on les met en prison ! En Europe, c'est choquant."

De ce côté de la frontière, les indépendantistes catalans ne se font guère d'illusions sur l'issue de ce procès, il marquera un peu plus la division interne en Espagne et donc, au sein de l'Europe.

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