Procès "de la BAC Nord" : "C'était une pratique courante qui était connue, tolérée par la hiérarchie"

Flics ripoux ou policiers peu regardants avec les procédures ? Le procès de 18 ex-policiers de la BAC Nord de Marseille s’ouvre lundi 12 avril, poursuivis en correctionnelle pour vols de drogue, d’argent ou de cigarettes sur les dealers. Il y a 9 ans, l’affaire avait fait scandale, remontant jusqu'au ministre de l’Intérieur Manuel Valls qui avait dissout la BAC Nord.

Le procès de 18 ex-policiers de la BAC Nord de Marseille s’ouvre lundi 12 avril. © AFP

Reportage à Marseille de Lionel Maillet pour Sud Radio

 

"C'était tellement pratiqué que c'était devenu une forme de comportement professionnel et d'autorisation"

30 ans de police et une carrière qui s’arrête à la BAC Nord de Marseille pour Bruno Carrasco, révoqué pour des vols de cannabis et de cigarettes. Seulement en petites quantités et toujours pour rémunérer des indicateurs. "Il ne faut pas pousser des cris d'orfraie ni être des tartuffes ! C'était une pratique courante qui était connue, tolérée par la hiérarchie", explique son avocat, Maître Alain Lhote.

"La seule règle à l'époque de la BAC Nord, c'est la politique du chiffre, il faut faire des affaires. C'était tellement pratiqué que c'était devenu une forme de comportement professionnel et d'autorisation", assure-t-il.

 

"C'est un dossier essentiellement politique, une guerre des chefs"

Drogue, argent, cigarettes : tout y passe accuse à l’époque le procureur de la république, qui parle d’un service gangréné. Des policiers qui volent jusqu’à 2.500 euros à un dealer et qui, dans leurs voitures placées sur écoutes, se laissent aller : "On commence à avoir un bon petit groupe, où on sait qu'on ferme nos gueules".

L’instruction conclut également à des enrichissements personnels. "Aujourd'hui, 9 ans après, les infractions criminelles de vol en bande organisée, d'extorsion de fonds en bande organisée ont été abandonnées, souligne Maître Alain Lhote. D'après lui, c'est un dossier essentiellement politique, une guerre des chefs. Ce sont des hommes de terrain auxquels on présente l'addition, dénonce-t-il, et ça ne me paraît pas justifié ni tolérable !"

Parmi les 18 prévenus qui comparaissent, après enquête de l’IGPN, 3 ont été révoqués de la police et les autres ont écopé d’exclusions temporaires ou de blâmes.

 

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