Pr Michaël Peyromaure : "Les arrivées à l'hôpital pour les patients Covid sont en train de baisser"

Le professeur Michaël Peyromaure, chef du service d'urologie de l'hôpital Cochin, à Paris et auteur de "Hôpital, ce qu’on ne vous a jamais dit" (éditions Albin Michel), était l’invité d’André Bercoff, vendredi 9 avril sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Le Pr Michaël Peyromaure invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Si le professeur Peyromaure n'est pas épidémiologiste, il rapporte ce qu'il voit et vit au quotidien dans son hôpital parisien. Une remontée de terrain qui permet de juger en partie l'efficacité des mesures sanitaires prises par le gouvernement.

 

Une baisse constatée depuis "10-15 jours"

Premier constat établi par le chef du service urologie, les services de médecine conventionnels et les services de réanimation sont bien tendus et gardent encore beaucoup de patients Covid. Néanmoins, le professeur note depuis une dizaine de jours "une baisse" des arrivées à l'hôpital pour les patients Covid, "comme si on venait de passer un pic", se réjouit-il. Les patients encore hospitalisés dans les services Covid sont de fait "des patients qui se sont accumulés au fil des semaines".

Un effet du confinement ? Pas sûr. Le professeur Michaël Peyromaure est un farouche opposant à cette mesure d'exception. "Ça va rapporter de la pauvreté, générer beaucoup de dettes, de misère sociale et, in fine, un certain nombre de dégâts sur le plan sanitaire", déplore le chef de service qui aurait préféré "tout un tas d'autres mesures pour éviter ce confinement". 

 

"On aurait peut-être pu éviter le nouveau confinement"

Malgré tout, après l'instauration d'un confinement strict, les réanimateurs voient "une baisse du nombre d'arrivée en réanimation, au bout de deux semaines", rapporte le professeur. Il reste cependant persuadé que "même si le confinement peut avoir une action temporaire, sur l'évolution propre de l'épidémie ça ne change rien à moyen ou long terme".

Selon plusieurs observateurs, le virus aurait commencé à baisser avant le dernier confinement instauré dans certains départements dès le 19 mars. "On a l'impression que cette fois-ci, on a confiné alors qu'on aurait peut-être pu l'éviter", regrette le professeur Peyromaure qui notait aussi "une inflexion". Sur le couvre-feu, le médecin n'est pas non plus convaincu. "C'est contre-productif, non seulement il ne freine pas l'épidémie mais il peut l'aggraver", alerte-t-il en soulignant que "tout le monde se précipite dans des zones assez denses au même moment". 

 

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