Poutou charge la police "qui tue", Darmanin a décidé de porter plainte

Philippe Poutou a dénoncé le comportement de la police dans "les quartiers populaires" qui "tue une quinzaine de jeunes par an". Gérald Darmanin a réagi en portant plainte contre le candidat à la présidentielle.

Thumbnail

Ce mercredi soir, Philippe Poutou, candidat à la prochaine présidentielle de 2022, a tenu des propos qui ont fait polémique. Celui qui a comptabilisé 1,09% de votes en 2017 s'en est pris à la police. Alerté par les syndicats des forces de l'ordre, Gérald Darmanin a décidé de porter plainte.

Philippe Poutou était sur France Info ce mercredi soir et l'a donc affirmé, "la police tue". "Évidemment que la police tue, a-t-il surenchéri. Il faudrait avoir les chiffres précis mais dans les quartiers populaires, ce sont une quinzaine de jeunes tués dans ces quartiers par an. Donc, oui, il y a une violence policière, on peut le dire. La police tue, a tué. Après on peut discuter si ce sont des assassinats, des meurtres ou accidents ou bavures. Cette police peut tuer parce qu'elle est sur-armée, elle est dangereuse"

Le compte Twitter des policiers de la police nationale a publié ce message après les mots de Philippe Poutou : "Nous espérons que Gérald Darmanin prendra des poursuites pénales pour diffamation".

Darmanin : "Les propos de Poutou sont insultants"

La réponse n'a donc pas mis longtemps à se faire attendre puisque, en fin de matinée de ce vendredi, Gérald Darmanin a décidé de porte plainte contre Philippe Poutou. Dans un tweet, il explique que "les propos de M. Poutou envers la police sont insultants et indignes d’un élu de la République. Au nom du ministère, et pour défendre l’honneur de tous les policiers, je dépose plainte"

 

Philippe Poutou répond au ministre

Après avoir expliqué porter plainte contre le porte-parole du NPA, ce dernier lui a répondu via un communiqué partagé sur le site. Le Nouveau Parti Anticapitaliste regrette que "une fois de plus, le ministre de l’Intérieur cède aux pressions des syndicats de policiers" qui avaient donc enjoint leur ministre de tutelle à prendre "des poursuites pénales pour diffamation". Le parti de Philippe Poutou évoque "une énième tentative d’intimidation en somme, venue de syndicats d’extrême droite et d’un ministre à leurs ordres, qui vise à faire taire toutes celles et tous ceux qui dénoncent les violences policières et les crimes policier. (...) Nous n’arrêterons pas de dénoncer les crimes policiers et nous continuerons d’être aux côtés des victimes et de leurs proches en lutte pour la justice et la vérité", peut-on lire.

Des propos similaires avaient déjà fait réagir Darmanin

Mais des propos similaires avaient déjà été lâchés par un élu de La France Insoumise à la mairie de Cachan dans le Val-de-Marne le 30 septembre dernier. "Je croyais que le but de la police était de protéger la population, pas nécessairement de posséder des armes pour la tuer, a-t-il expliqué. Parce que c'est ça la signification en bon français courant".

À ces mots, Gérald Darmanin avait alors répondu indirectement à l'élu demandant des comptes au maire de Cachan selon les informations du Figaro. La ministre de l'Intérieur a demandé à Hélène de Comarmond de "préciser dans quel contexte de telles déclarations ont pu être prononcées. Nous devons collectivement faire preuve d'intransigeance face à toutes les attaques portées contre les femmes et les hommes qui nous protègent. Gérald Darmanin "décidera des suites éventuelles (qu'il) donnera pour préserver l'honneur des forces de l'ordre".

À lire aussi :

Tourcoing: un adolescent blessé par balle par la police après une course-poursuite

À Montpellier, une police municipale des transports en 2023