Pour ou contre le retour de la consigne ?

Le principe de la consigne pour les bouteilles en plastique va être généralisé en France. Alors, pour ou contre ? C'est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 14 juin. Avec pour invités : 
- Nicolas Garnier, délégué général de l’association Amorce ;
- Michel Vialey, député Les Républicains des Yvelines ;
- Sandra Regol, porte-parole Europe Ecologie Les Verts ;
- Patrick Deixonne, explorateur, créateur de l’expédition 7e Continent.
"Info Vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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Édouard Philippe l’a dit dans son discours de politique générale : la consigne est de retour. "Remettons les choses en perspective, rappelle Véronique Jacquier, les bouteilles en plastique ne représentent que 0,1% des déchets plastiques en France. Le vrai tournant écologique eut été d’interdire le plastique. Mais nous n’en sommes pas encore là".

20 à 25 centimes par bouteille

Désormais, quand vous achèterez un pack d’eau minérale, vous devrez rapporter les bouteilles en magasin ou dans des lieux de collecte définis. Vous serez alors remboursé du surplus payé en caisse, de l’ordre de 20 à 25 centimes par bouteille. Le principe de la consigne va ainsi être généralisé à tous les contenants en plastique, notamment les packs de lait et de jus de fruit. "Cela signifie une augmentation des prix à l’achat sur des produits de première nécessité, précise Véronique Jacquier. Première contrainte : pour notre porte-monnaie. Deuxième contrainte : s’occuper de ramener les bouteilles en plastique dans des endroits précis alors que le tri sélectif avec les poubelles jaunes fonctionne bien". Pour autant, la France recycle à peine 60% de ses contenants en plastique. On est encore loin du chiffre de 90% atteint en Allemagne et dans les pays du nord de l’Europe, où la consigne est entrée dans les habitudes depuis longtemps...

"On a l'impression que cette histoire ne sonne pas juste, juge Nicolas Garnier, délégué général de l’association Amorce. Cette consigne n'a rien à voir avec celle à laquelle pensent les Français, une bouteille en verre remplie, ramenée vide, lavée et remplie à nouveau. Là, on paie les Français à la place des collecteurs de déchets pour ramener les bouteilles en plastique, pour les broyer et recycler, comme elles le seraient avec le bac jaune. La prévention, ce serait de boire l'eau du robinet, moins chère et qui ne fait pas de déchets. Et pourquoi la bouteille, et pas le reste du plastique ? C'est déjà l'un des déchets les mieux collectés de France. On a l'impression que c'est plus une démarche d'image pour redorer le blason de la bouteille, en essayant d'être un peu plus écolo. On a un service public qui fonctionne, avec des bacs jaunes financés avec nos impôts. On va avoir des bacs à moitié vides. Et alors, soit on augmentera les impôts, soit on arrêtera les collectes sélectives".

Une consigne qui ne plait pas à tout le monde

Tout le monde, ou presque, s'en rappelle : la consigne existait d’ailleurs dans les années 70 en France pour les bouteilles en verre. On nous rendait alors 10 centimes de franc par bouteille. La consigne existe aussi pour les bonbonnes de gaz. Au Grenelle de l’environnement, il y a dix ans, le principe avait été adopté avant d’être abandonné au profit de la promotion du tri sélectif. Car ce retour d'une certaine forme de consigne ne plait pas à tout le monde. Les collectivités locales sont inquiètes. En effet, avec les emballages en plastique qui vont dans les poubelles jaunes, les communes gagnent de l’argent. Elles récupèrent de la matière qu’elles revendent. Avec la consigne, les bouteilles en plastique seront broyées pour être directement recyclées sans être gérées par une collectivité locale.

Autre interrogation : avec 16 milliards de bouteilles en plastique vendues chaque année en France, si 90% seront bientôt recyclées, il en restera toujours 10% sur lesquelles la consigne n’aura pas été restituée. Soit un montant de 400 millions d’euros. "À qui cette somme va-t-elle profiter ? Aux industriels ? Édouard Philippe promet de réunir tous les acteurs concernés par la mise en place de la consigne. Il faut effectivement identifier les gagnants et les perdants".

 

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