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Pour le patron des Mousquetaires/Intermarché, la loi Egalim "ne marche pas"

La loi Egalim censée protéger la rémunération des producteurs agricoles dans les négociations entre grande distribution et fournisseurs agro-industriels "ne marche pas" car elle "n'oblige pas les industriels à la transparence", a estimé jeudi dans une interview au Parisien le patron des Mousquetaires/Intermarché Thierry Cotillard.

Geoffroy VAN DER HASSELT - AFP/Archives

La loi Egalim censée protéger la rémunération des producteurs agricoles dans les négociations entre grande distribution et fournisseurs agro-industriels "ne marche pas" car elle "n'oblige pas les industriels à la transparence", a estimé jeudi dans une interview au Parisien le patron des Mousquetaires/Intermarché Thierry Cotillard.

"La loi Egalim ne marche pas", a déclaré Thierry Cotillard, président du Groupement Les Mousquetaires (Intermarché, Netto, Bricorama...), en appelant à "un texte plus contraignant" parce que la loi en vigueur "n'oblige pas les industriels à la transparence".

"Les industriels ont aujourd'hui trois options lors des négociations avec les distributeurs pour déterminer le prix des matières agricoles qui garantit la rémunération des producteurs", mais selon lui la majorité "utilisent l'option la moins transparente, celle qui prévoit l'intervention d'un tiers de confiance, comme un commissaire aux comptes, censé attester de la préservation de la part de la matière première agricole à l'issue de la négociation".

"Le problème, c'est que l'on ne peut pas vérifier que les montants sont justes", a-t-il argumenté.

Thierry Cotillard, qui s'attend à ce que la hausse des prix des produits alimentaires en 2024 soit "inférieure à l'inflation annoncée d'environ 3%", a en outre pris la parole sur les centrales d'achats que plusieurs distributeurs ont basé hors de France ces dernières années, et qui sont critiquées par les agro-industriels et les syndicats agricoles.

"Notre groupe n'en a pas, et ce n'est pas à l'ordre du jour pour 2024", a indiqué Thierry Cotillard, "mais il faut reconnaître que face à Coca-Cola, L'Oréal, Unilever, ces centrales d'achats sont une arme de lutte contre l'inflation, au service du consommateur".

"Il faut les maintenir, mais instaurer un code de bonne conduite qui exclut de leurs achats les produits à forte composante agricole", a-t-il plaidé.

Chaque année, des négociations ont lieu entre les entreprises agroalimentaires (du petit producteur de charcuterie aux géants Unilever, Nestlé ou Coca-Cola) et leurs clients supermarchés (E.Leclerc, Carrefour, Intermarché ou Système U), pour s'accorder sur les conditions de vente d'une large part des produits vendus en grandes surfaces le reste de l'année.

Les agro-industriels reprochent régulièrement à leurs clients supermarchés de délocaliser hors de France une partie des négociations - celles avec les plus gros groupes - sur les conditions de vente de leur production, afin de se soustraire au droit français.

AFP / Paris (AFP) / © 2024 AFP

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