Policiers en colère : "le jour où ils comprendront la difficulté de notre travail, ils comprendront pourquoi on se suicide"

18 policiers se sont suicidés depuis le 1er janvier. Épuisées, fatiguées, usées par des conditions de travail difficiles, les forces de l'ordre veulent faire entendre leur ras-le-bol. Plusieurs rassemblements étaient organisés le 12 mars partout en France, dont à Paris, Place du Trocadéro. Ils étaient une centaine à dénoncer le mépris de leur mal-être. Plusieurs associations de forces de l’ordre et des familles de policiers demandent à rencontrer le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Entre le manque d’effectifs et de moyens, les revendications sont nombreuses, surtout dans ce contexte social particulièrement tendu. Pour les forces de l’ordre, la situation ne peut plus durer. Clément Bargain de Sud Radio est allé à leur rencontre.

"On est seul de chez seul !"

Laurent est venu rendre hommage aux 18 policiers qui se sont suicidés depuis le 1er janvier. Face au silence de sa hiérarchie et du gouvernement, il ressent de la colère : "on est seul de chez seul ! Si on a envie de se suicider demain, on sait qu'on peut le faire, ils ne nous aideront pas. Le jour où ils comprendront la difficulté de notre travail, ils comprendront pourquoi on se suicide..."

Un travail encore plus difficile ces derniers mois avec la mobilisation des Gilets Jaunes. Jean-Pierre Colombies, porte-parole de l’Union des policiers indépendants, accuse le gouvernement de ne pas prendre ses responsabilités : "on met en avant uniquement les forces de sécurité pour régler un problème de réaction populaire spontanée, avec des revendications fondamentalement financières, de pouvoir d'achat.

"Des voitures qui ont 500.000 kilomètres, dont on est obligé de faire tenir les portes coulissantes avec des ficelles"

Les policiers sont envoyés au front, mais les moyens humains et matériels ne sont pas au rendez-vous. Pour Jérôme, gendarme, "envoyer des voitures qui ont 500.000 kilomètres, dont on est obligé de faire tenir les portes coulissantes avec des ficelles, comment voulez-vous qu'on fasse un travail correct ?"

Les forces de l’ordre attendent aussi plus de considération. Eric Romans, secrétaire national de France Police Policiers en Colère, demande une réorganisation des temps de travail : "faire la semaine forte, qui permet d'avoir un week-end sur deux et un mercredi sur deux, ça demande c'est vrai 20% d'effectifs en plus dans les brigades, mais ça permet une qualité de vie". 

Mais la réorganisation des temps de travail n’est pas à l’ordre du jour. Une fois encore, ce week-end, les policiers devront être mobilisés pour l’acte 18 des Gilets Jaunes. 

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