Pics de chaleur, Covid-19 : avez-vous peur pour nos aînés cet été ?

Pascal Champvert, président de l’AD-PA, Association des directeurs au service des personnes âgées, et le professeur Vincent Bounes, chef du Samu 31 au CHU de Toulouse, étaient les invités du débat du jour sur l’antenne de Sud Radio le 30 juillet, avec Benjamin Glaise et Laurence Garcia.

Un soignant de l'Ehpad Korian Vill'alizé à Thise s'entretient avec un résident dans le jardin de la maison de retraite, le 16 avril. SEBASTIEN BOZON - AFP

Avec cette température qui peut atteindre les 40° en Occitanie, quels sont les bons gestes à avoir pour éviter la déshydratation ?

 

S'hydrater ni trop ni trop peu

"Ce ne sont pas un ou deux jours qui vont déséquilibrer une personne âgée, c’est l’accumulation des jours de chaleur, rappelle Vincent Bounes, chef du Samu 31 au CHU de Toulouse. Au bout de sept à dix jours, on commence à avoir des personnes hospitalisées, car elles ont des mécanismes qui leur permettent de tenir quelques jours, mais pas au-delà." Quelle quantité d’eau doit boire une personne âgée au quotidien ? "Les besoins sont moindres, on considère qu’il faut au moins deux litres d’apport hydrique dans la journée. Ce peut être de la soupe, du gaspacho, des jus de fruits, du thé… Il faut atteindre ce seuil de 2 litres."

Comment réagir pour aider nos aînés ? "Ce sont principalement des gestes de bon sens. L’hydratation est importante, car les personnes âgées ressentent moins la soif." Il faut aussi "éviter les efforts en particulier aux heures chaudes, et dans la mesure du possible rafraîchir les domiciles." Autre bonne initiative : "acheter un climatiseur pour sa mère ou sa grand-mère. Par défaut, beaucoup moins cher, un ventilateur. Quelque chose qui rafraîchit bien est un ventilateur avec un petit bac d’eau ou de glaçons pour rafraîchir l’atmosphère et passer le cap." Quels sont les signes avant coureurs d’une déshydratation ? "La langue toute sèche, la confusion, les chutes, les pertes d’autonomie sont des signes potentiels de déshydratation des personnes âgées." Pour autant, attention, "on s’est aperçu, après les canicules, qu’une hyper hydratation est aussi dangereuse que pas assez d’eau !"

Pas assez de personnels

La situation est-elle particulière dans de nombreux Ehpad au lendemain de la crise du Covid-19 ? Les établissements sont-ils prêts à faire face à ce pic de chaleur ? "Prêts, oui, dans la mesure où l’aide au personnes âgées l’est chaque année, juge Pascal Champvert, président de l’AD-PA, Association des directeurs au service des personnes âgées. La jonction avec le coronavirus pourrait être difficile à gérer. Ce n’est pas mieux non plus ! Le problème est que, chaque été depuis 2003, il y a en moyenne 3.000 à 4.000 personnes âgées qui meurent dans notre pays, et chaque hiver 10.000 meurent de la grippe. Il faudrait que l’on prenne conscience que nous n’allons pas nous habituer à ces milliers de morts."

"Notre pays doit augmenter le nombre de professionnels qui travaillent auprès des personnes âgées dans les établissements et dans les services à domicile", estime Pascal Champvert. "En permanence, on court d’une crise à l’autre, et les pouvoirs publics n’arrivent pas à entendre depuis 20 à 30 ans, que si l’on augmentait le temps passé auprès des personnes âgées, pendant les périodes de pic, nous les passerions avec beaucoup moins de morts. Et le reste de l’année, elle vivraient beaucoup mieux, soit à leur domicile soit en établissement."

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