Philippe Lobjois : "la crainte d’être accusé de discrimination empêche de venir à bout de l'islamisme radical"

Philippe Lobjois est journaliste, reporter de guerre et coauteur (avec Michel Olivier) de La Guerre secrète : L’Islam radical dans le monde du travail (Fayard)
Philippe Lobjois est journaliste, reporter de guerre et coauteur (avec Michel Olivier) de La Guerre secrète : L’Islam radical dans le monde du travail (Fayard)

L’islamisme radical est bien vivant dans les grandes entreprises, une réalité face à laquelle les responsables sécurité sont désarmés. La crainte d’être accusés de discrimination les empêche toujours de faire leur travail, estime Philippe Lobjois, journaliste, reporter de guerre et coauteur (avec Michel Olivier) de La Guerre secrète : L’Islam radical dans le monde du travail (Éditions Fayard). Philippe Lobjois était l’invité d’André Bercoff le 6 décembre 2018 sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Les responsables sécurité des entreprises sont désarmés face aux comportements radicaux

"Depuis 2011, les gens partaient des entreprises (y compris des grandes entreprises comme La Poste, PSA, la RATP…) pour soi-disant faire de l’humanitaire en Syrie. Et personne ne s’est rendu compte de ça. Les entreprises n’en ont pas pris conscience du tout. Seuls les responsables sécurité ont compris ce qui se passait, mais ils avaient du mal à le communiquer à leur hiérarchie. Issus de différentes entreprises, ils ont créé une sorte de groupe pour en parler entre eux », nous a raconté Philippe Lobjois.

"Il y a entre 15.000 et 20.000 fichés S en France. Et quand vous regardez les différents attentats de ces dernières années, plus des trois quarts de leurs auteurs étaient fichés S. Il y a eu un vrai retard d’allumage au sein de la DGSI. Et, qu’on se le dise, c’est une mission impossible, vous ne pouvez pas mettre un policier derrière chaque fiché S", a rappelé Philippe Lobjois.

Philippe Lobjois : les syndicats ont facilité l’émergence de revendications religieuses au sein des entreprises

"Ce qu’on oublie souvent, c’est que dans leur grande majorité, ces fichés S travaillent. Et les entreprises sont incapables de les déceler, car elles n’ont bien évidemment pas accès à la liste des fichés S. Elles sont complètement désarmées. Pour les grandes entreprises, la meilleure parade face à cette montée du communautariste est la culture d’entreprise, à laquelle tous les salariés sont censés adhérer", a déploré Philippe Lobjois.

Selon Philippe Lobjois, la syndicalisation massive a permis aux salariés musulmans de plus facilement formuler des revendications. "Les syndicats prenaient tout le monde. Je pense par exemple à PSA, où au moins la moitié des salariés sont d’origine maghrébine. Et à partir du moment où vous êtes nombreux dans un groupe, qu’il s’appelle la CGT ou FO, vous êtes majoritaire. Ainsi, tout doucement, à partir des années 1990, ont commencé à apparaître des revendications religieuses dans la nourriture, mais surtout au sujet de la prière. La CGT et FO n’ont pas vu venir le problème. FO, à un moment, on l’appelait même Force orientale", nous a-t-il raconté.

"On n’a pas pris à bras le corps le problème, car il y a toujours ce tabou, la crainte d’être accusé de discrimination, qui est réelle en France", nous a confié Philippe Lobjois.

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