Petits commerces : "on constate le deux poids deux mesures"

Alexandre Avril, maire de Salbris en Loir-et-Cher, était l’invité de Patrick Roger le 2 novembre dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

Plusieurs maires de France ont pris des arrêtés afin de laisser ouverts leurs commerces de proximité (Ludovic MARIN / AFP).

Alexandre Avril, maire de Salbris (5.000 habitants, 100 commerces), dans le département du Loir-et-Cher, défend le maintien de l'ouverture des commerces de proximité.

Deux poids deux mesures dans les mesures prises pour les commerces

L’appel du maire de Salbris a été immédiatement relayé des milliers de fois, alors que le second confinement vient de débuter et que les petits commerces ont dû fermer leurs portes. "Quand le président de la République a annoncé les mesures du confinement, c’est auprès des maires que les gens se sont reportés. J’ai été assailli de demandes de mes commerçants, désemparés de constater le deux poids deux mesures entre la situation qu’on leur impose et celle que l’on n’imposait pas à la grande distribution et aux grands commerces."

"C’est simple, explique Alexandre Avril. Nous avons lancé un appel au Président, disant 'Monsieur, ou bien vous rouvrez le petit commerce qui respecte toutes les règles de sécurité des clients au niveau de l’hygiène et des règles sanitaires, ou bien vous êtes cohérent et vous supprimez les rayons non alimentaires dans la grande distribution, vous fermez les grandes enseignes et vous suspendez le e-commerce'."

Une catastrophe économique, morale, territoriale

"J’ai le sentiment que l’on n’a fait que déplacer le problème, en étant entendu qu’à moitié et pas forcément la bonne, juge le maire de Salbris. Ce que vous ne pouvez pas acheter dans les petits commerces, vous ne pourrez plus l’acheter dans les grandes surfaces. Vous allez l’acheter en ligne. Il faut dire à quel point cela favorise Amazon. Cela contribue à nécroser nos petites villes. Nous avons pris samedi un arrêté symbolique de réouverture. Dans le même temps, je n’incite pas les commerçants à ouvrir. Ils seraient sous le coup d’une fermeture administrative. Vous avez vu, ils seraient traités comme des voyous."

"Les petits commerces sont essentiels à la vitalité du pays, estime l’édile. On va se retrouver dans une catastrophe économique, morale, territoriale si les petits commerces ne sont pas autorisés à rouvrir. Nous sommes une petite commune, nous portons le masque sur le marché, dans les petites boutiques, où nous sommes à deux maximum. Je ne vois pas en quoi c’est plus dangereux d’être accueilli dans de petites boutiques avec gel et masque plutôt que de pousser des chariots et croiser des centaines de personnes. J’ai le sentiment que, quand on gouverne de loin, de Paris, on est en train de tuer l’économie locale."

 

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