Père Henry de Villefranche : "pour la messe de Noël à Notre-Dame on accueillait tout le monde"

Pour la première fois depuis 1803, il n’y aura pas de messe à Notre-Dame de Paris pour ce Noël 2019.

C'est Noël, mais en cette fin de 2019 Notre-Dame de Paris reste un chantier. © AFP

Pour en parler, Père Henry de Villefranche, chapelain de Notre-Dame de Paris depuis trois ans, a été l’invité de Sud Radio le 24 décembre 2019 dans l’émission "C’est à la une", à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

"Il y avait une communion absolument extraordinaire"

Père Henry de Villefranche a tout d’abord partagé ses souvenirs sur la manière dont Noël était fêté à Notre-Dame de Paris les années précédentes. "C’était sublime : le décor, la musique, la présence des gens venant de différentes régions, de différentes paroisses, même de l’autre bout du monde… Il y avait une ouverte aux gens de passage. On accueillait tout le monde, et cela faisait une communion absolument extraordinaire. Les gens qui étaient proches se sentaient encore plus proches. Les gens qui étaient loin se sentaient plus proches. On pouvait rencontrer tout le monde, on parlait avec tout le monde."

Au cours de cet entretien, Père Henry de Villefranche a aussi évoqué les relations entre les salariés de Notre-Dame avant l’incendie. "Notre-Dame c’était, disons, 70 salariés. Ça avait un côté très familial, les liens étaient très étroits. La communion, la solidarité, cela fonctionne d’une manière assez étonnante. Ceux qui sont restés portent toujours cet esprit. Et ceux qui sont partis ont toujours en tête l’idée que dans quelques années ils pourront revenir."

"L’accueil, parvis, la muséographie seront repensés"

"Notre-Dame est un chantier permanent. Elle n’allait pas très bien quand même. L’année dernière, un peu après Noël, une pierre est tombée de la voûte. Maintenant ce sont des soins intensifs. Je pense qu’une fois qu’on aura fait ça, on en aura pour quelques siècles de maintien, de beauté, d’accueil – ça vaut la peine. Mais dans la vie d’une cathédrale qui a 850 ans, c’est pas énorme."

S’agissant de l’ouverture au public du parvis, Père Henry de Villefranche a déclaré : "on nous le promet depuis juillet 2019. On a passé tout l’été à attendre : 'demain on ouvre, demain on ouvre'. On prend son mal en patience. Déjà, il y a une exposition de photos dans la rue du Cloître, qui a fait une forte affluence. Comme toujours, Noël est synonyme d’espérance, de retournement de situation".

Interrogé sur les débats quant à l’aspect que doit prendre Notre-Dame une fois reconstruite, Père Henry de Villefranche a déclaré : "Notre-Dame a toujours été modernisée à chaque fois qu’on a fait des travaux. Les murs, le bâti, ils ne peuvent pas être faits autrement. Dans l’art gothique français, il y a peu de pierre, tout est très ouvert. On peut toujours imaginer un autre projet, mais ça ne marche pas. Les artisans qui travaillent sur le chantier depuis six mois le savent bien : on a beau imaginer sur Internet un avant-projet – quand on est dans les pierres, dans le fer, dans le bois, on ne peut pas faire exactement comme ça. En revanche, l’accueil, parvis, la muséographie seront repensés. Avant on n’avait pas un mètre carré en dehors de la cathédrale pour accueillir les gens. On va rendre l’espace autour de la cathédrale beaucoup plus propre, lisible, fréquentable".

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