éditorial

L'édito de Henri Guaino

Henri Guaino ©Anthony Ghnassia
Société

Pas de trêve de la bêtise et de la violence pendant la nuit du Nouvel An

Après l'agression de Champigny, tous ceux qui passent leur temps à taper sur la police devraient avoir honte.

 

Le nouvel an est un vieux rite de renouvellement du temps. Le rapport au temps est psychologique, ce besoin de recommencer à zéro, de remplacer le vieux par le neuf, comme la nature qui renouvelle indéfiniment le cycle des saisons. Ce besoin psychologique n’est pas mort. Seulement voilà, en même temps, l’histoire ne s’arrête pas, elle continue. Cette nuit de nouvel an est à la fois si différente des autres et si semblable à toutes les autres nuits.

Pas même une parenthèse dans toute cette bêtise, dans toute cette haine, toute cette violence, toute cette sauvagerie qui, depuis des années, monte petit à petit comme un retour du refoulé, pour détruire inexorablement toute forme de civilité, nous offrant le spectacle navrant, désespérant, de la formidable régression de cet effort de soi-même sur soi-même, que nous appelons la civilisation.

Ce n’est pas la première fois, éternel recommencement, terrible continuité de l’histoire qui se fabrique sous nos yeux. Après avoir cherché à les brûler vifs il n’y a pas si longtemps, voilà qu’on roue de coups les policiers une nuit de nouvel an, dont une femme, et qu’on filme la scène, avec une jubilation mauvaise, et qu’on la diffuse sur les réseaux sociaux. Humainement, la scène est insupportable. Symboliquement, elle est ravageuse.

Tous ceux qui passent leur temps à taper sur la police devraient avoir honte. Mais non, tout juste consentent-ils à trouver gênant que l’on frappe une femme à terre. Il y a les bavures policières, elles sont condamnables. Mais il y a aussi des dizaines de milliers de policiers qui risquent tous les jours leur vie et qui, parfois, la perdent, laissant derrière eux des enfants pleurant devant leurs cercueils.

Mais les contempteurs des violences policières n’ont pas une seule pensée pour eux, pas un seul mot pour eux, seulement l’injure faite au courage, au sens du devoir, à l’honneur.

Qui défendra le faible contre la brute dans un monde sans policier, sans gendarme, dont ils rêvent ?

Les responsables politiques, eux, des mots, ils en ont. Ils en ont même trop. Au lieu de l’avalanche des communiqués indignés, on attend d’eux des actes.

On n’attend pas que les peines planchers, comme on les réclame ici ou là. On attend aussi des peines incompressibles, la déchéance de l’autorité parentale pour les parents qui agressent les professeurs, des centres d’éducation fermés pour ceux qui sèment la violence à l’école, parfois la terreur. Et quelque chose qui ressemblerait à la loi anti-casseurs de jadis, parce que ceux qui font partie de la bande des sauvages, autour des policiers, sur la vidéo, sont aussi tous complices et tous coupables.

On attend aussi, enfin, une vraie éducation, une vraie éducation, une vraie instruction. Celle-ci ne va pas sans sanction. Sans la fermeté républicaine, cette sauvagerie ne finira que par conduire à une seule chose, le vrai fascisme. Alors, ceux qui traitent les policiers, les gendarmes, comme si c’était des SS, n’auront plus que leurs yeux pour pleurer.

Écoutez la chronique d'Henri Guaino dans le Grand Matin Sud Radio, présenté par Philippe Verdier et Sophie Gaillard

 

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