Olivier Amiel : "C’est un discours intolérant pour prôner la tolérance."

Olivier Amiel, docteur en droit de la faculté d’Aix-en-Provence et ancien maire adjoint de la ville de Perpignan chargé du logement, du renouvellement urbain et de la politique de la ville de 2014 à 2019, était l’invité d’André Bercoff le 24 février 2021 sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états" pour parler de son dernier livre Voir le pire, paru aux éditions Les Presses Littéraire.

Olivier Amiel, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

À l’occasion de la sortie de son livre Voir le pire, le docteur en droit, Olivier Amiel est revenu au micro d’André Bercoff, sur le phénomène de Cancel culture et sur l’évolution du concept d’altérité.

Olivier Amiel : "Il y a une véritable volonté impérialiste à imposer une vérité, leur vérité"

Depuis quelques années, un nouveau mouvement idéologique a vu le jour, celui de la Cancel culture. Une idéologie dont Olivier Amiel redonne la définition dans son dernier livre Voir le Pire. Ainsi, selon lui la Cancel culture peut se définir ainsi, "c’est la pratique militante et idéologique qui consiste à viser un artiste, une œuvre culturelle ou même un simple individu pour l’effacer, le censurer, l’interdire, voire même le bannir, car il ne pense pas comme l’idéologie dominante". Un phénomène qu'Olivier Amiel met en parallèle avec l’œuvre de l’écrivain américain Bret Easton Ellis, auteur d’Americain Psycho ou encore plus récemment de White.

Selon Olivier Amiel, l’exemple de Bret Easton Ellis est d’autant plus intéressant qu’il a été "une des premières victimes de cette Cancel culture." Au moment de la parution d’American Psycho en 1991 il y a eu à l’époque "des boycotts, des appels au retrait du livre, des appels au meurtre contre lui". Pour prendre un exemple français, Olivier Amiel se penche sur l’ouvrage L’empire du bien de Philippe Muray sorti lui aussi en 1991, estimant "qu’il n’y a pas de meilleure définition que celle de Philippe Muray déjà en 1991, quand il nous dit que ça va être ‘le lynchage sous le masque du progressisme’. C’est exactement ce qu’on vit finalement aujourd’hui avec ces groupes de pression qui tentent d’effacer, d’interdire tous les individus qui ne pensent pas comme eux. Il y a une véritable volonté impérialiste à imposer une vérité, leur vérité."

 

"L’antiracisme devient du racisme."

Outre le phénomène de Cancel culture, Olivier Amiel revient dans son livre Voir le Pire sur l’évolution du terme d’altérité rappelant que "pendant longtemps cela a été source d’opposition. Celui qui était différent de nous et bien on essayait de l’affronter". Au cours du siècle dernier, la notion a évolué et "l’altérité a été plutôt positive, ça a été source de dialogue, de débat et d’enrichissement personnel". Une évolution remise aujourd’hui par les adeptes du mouvement de la Cancel culture "on constate une régression et retourne à une altérité contre l’autre, contre celui qui est différent".

Plus encore que cette régression, c’est l’incohérence de ce mouvement que pointe du doigt Olivier Amiel : "les personnes qui se revendiquent de cette culture wake, de cette cancel culture ou encore en France quand on parle d’indigénisme ou de décolonialisme, nous disent qu’ils le font au nom de l’altérité. C’est un discours intolérant pour prôner la tolérance." Olivier Amiel prend l’exemple frappant de l’antiracisme qui a pendant longtemps eu pour but de "gommer, d’effacer les différences, de ne pas voir la différence avec l’autre. Aujourd’hui, l’antiracisme serait de bien voir la différence et de raciser les personnes. Donc l’antiracisme devient du racisme."

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