Personnels hospitaliers: "on sauve des vies tous les jours, et tout le monde s'en fout"

Nouvelle journée d'action dans les hôpitaux. Reportage puis interview de Patrick Pelloux, président de l’Amuf, l’Association des médecins urgentistes de France, interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 29 octobre. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Septième mois de grève pour le personnel hospitalier. AFP

"40-45 heures par semaine, facile. On est dans un service d'urgence vitale, avec un stress et une charge de travail très importante, c'est vraiment interminable pour un infirmier ou une infirmière. On n'est pas considérés, l'Etat s'en fiche, on sauve des vies tous les jours, et tout le monde s'en fout" - Reportage Sud Radio à Marseille de Lionel Maillet

 

Les organisations médicales et paramédicales organisent une conférence de presse mardi 29 octobre et un rassemblement est prévu devant l'Assemblée nationale au moment du vote solennel en première lecture du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).

 

Patrick Pelloux : "Agnès Buzyn l'a reconnu, ces 750 millions [du plan annoncé sur les urgences] n'existent pas !"

"Il va falloir qu'on remette des moyens pour répondre à la souffrance aussi des personnels de santé" a assuré Emmanuel Macron dans une interview diffusée sur RTL lundi 28 octobre. Pour Patrick Pelloux, "c'est une espèce d'incantation, avec le fameux 'en même temps' qui va généralement avec, c'est-à-dire qu'il n'y a aucune annonce. Avec le conflit qu'il y a dans les hôpitaux, qui prend de nouvelles formes et qui rassemble l'ensemble des disciplines, on n'a aucune annonce.

Le plan qui avait été annoncé sur les urgences de 754 millions d'euros ne sert pas à grand chose, si ce n'est à créer un nouveau Samu dont on n'a pas besoin. Il ne crée pas de dynamique de meilleure coopération entre les systèmes et ne répond pas aux revendications des personnels, qui sont avant-tout des embauches, parce qu'on manque de personnels dans les hôpitaux, des réouvertures de lits ou une augmentation de 300 euros pour tous les personnels".

Les urgences ont-elles vu arriver le premier euro de ces 750 millions d'euros ? interroge Philippe David. "Pas du tout ! répond Patrick Pelloux. Agnès Buzyn l'a reconnu, ces 750 millions n'existent pas ! Ces 750 millions, on va les reprendre aux autres services, c'est de la redistribution de budget".

 

"On ne peut plus fonctionner, on ne peut plus hospitaliser les personnes âgées, on ne peut plus travailler"

Une nouvelle journée d'action a lieu le 29 octobre, avant une troisième le 14 novembre. "On est combatif, on n'a rarement vu aussi peu de dialogue social avec un gouvernement. Aujourd'hui, le vote solennel en première lecture du PLFSS conditionne le budget des hôpitaux. Pour fonctionner, ce budget doit être voté avec 4% à 5% d'augmentation. Depuis deux ans, ils nous le votent à 2,1%, 2,3%, donc un budget nécessairement déficitaire. Ça ne peut pas marcher. L'année dernière, ils ont fermé 4.800 lits dans les hôpitaux. On ne peut plus fonctionner, on ne peut plus hospitaliser les personnes âgées, on ne peut plus travailler".

C'est le septième mois de grève, "mais pour l'instant il ne se passe rien. Ce n'est pas une grève pour rien, parce qu'il y a le soutien de la population, c'est un mouvement qui est très populaire".

 

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