Nouvelle-Calédonie: Lecornu pour un nouveau statut en cas de non au référendum sur l'indépendance

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu se dit favorable à un "nouveau statut" pour la Nouvelle-Calédonie en cas de non au 3e référendum sur l'indépendance qui devrait se tenir d'ici septembre 2022, dans une tribune publiée dans le JDD.

Ludovic MARIN - AFP/Archives

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu se dit favorable à un "nouveau statut" pour la Nouvelle-Calédonie en cas de non au 3e référendum sur l'indépendance qui devrait se tenir d'ici septembre 2022, dans une tribune publiée dans le JDD.

"Le statu quo n'est pas possible, ni politiquement, ni juridiquement, ni même économiquement", assure le ministre à la recherche d'une "nouvelle solution consensuelle pour la Nouvelle-Calédonie" dans un "respect absolu du processus d'autodétermination". Il se félicite d'avoir pu permettre de "rétablir un dialogue trop longtemps rompu entre les deux camps" depuis octobre.

"Si, par trois fois, la Nouvelle-Calédonie confirmait son souhait de rester française, il conviendrait alors de lui donner un nouveau statut dans la République", a affirmé le ministre. Pour cela, "ceux qui appellent à voter non devraient aussi tendre la main à la presque moitié des électeurs qui aura voté oui: la République est une promesse de rassemblement".

(g-d) Des membres du nouveau gouvernement calédonien, pour la première fois à majorité indépendantiste, Samuel Hnepeune de l'UC-FLNKS, Yannick Slamet et Louis Mapou de l'Uni-FLNKS, et Joseph Manaute, de Calédonie Ensemble, le 17 février 2021 à Nouméa

(g-d) Des membres du nouveau gouvernement calédonien, pour la première fois à majorité indépendantiste, Samuel Hnepeune de l'UC-FLNKS, Yannick Slamet et Louis Mapou de l'Uni-FLNKS, et Joseph Manaute, de Calédonie Ensemble, le 17 février 2021 à Nouméa

Theo Rouby - AFP/Archives

"À l'inverse, l'indépendance sèche, sans préparation, apparaît insurmontable. Ses conséquences humaines, sociales, économiques seraient assurément désastreuses", prévient le ministre dans un contexte politique ultra-sensible, alors que les deux branches de la coalition indépendantiste du FLNKS sont en conflit pour désigner le président du gouvernement collégial.

Les indépendantistes sont majoritaires au gouvernement pour la première fois depuis le début de l'accord de Nouméa (1998) et la Nouvelle-Calédonie est confrontée à une crise économique et budgétaire, en partie due aux déboires de la filière nickel.

"L'État a engagé, en janvier, une grande consultation de la société civile" pour répondre aux "aspirations profondes des Calédoniennes et des Calédoniens", rappelle M. Lecornu pour lequel "l'horloge continue de tourner et les prochains jours seront décisifs".

"On aura un président et un vice-président dans les jours qui viennent", a assuré Roch Wamytan, président indépendantiste du Congrès, l'assemblée délibérante, sur Nouvelle-Calédonie la 1re.

"Cela fait quarante ans que nous n'avons pas été au gouvernement", a déclaré dimanche le leader du FLNKS-UC (Union Calédonnienne) en reconnaissant une "impréparation". "Nous arrivons à un moment important où nous allons assurer le destin de ce pays en étant majoritaires au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, nous pouvons quand même nous permettre de prendre quelques jours."

La Nouvelle-Calédonie

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Bertille LAGORCE - AFP/Archives

Les deux premiers référendums, le 4 novembre 2018 et le 4 octobre 2020, ont été gagnés par les partisans de la France, mais leur score s'est tassé en deux ans de 56,7% à 53,3%.

L'explosif dossier de la reprise de l'usine métallurgique du groupe Brésilien Vale est à l'origine de la chute du gouvernement le 2 février, provoquée par la démission en bloc des cinq "ministres" indépendantistes.

Le FLNKS et les chefferies kanak s'opposent au rachat par un consortium comprenant le négociant en matières premières suisse, Trafigura.

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