Nouveau documentaire sur la vie des agriculteurs - "Tout le monde nous tire dans les pattes, on n'a plus le droit de rien"

« Cyrille, agriculteur, 30 ans, 20 vaches du lait du beurre, des dettes ». Le nouveau documentaire de Rodolphe Marconi sort en plein salon de l'Agriculture. Comme pour marquer le coup et créer un électrochoc. Mais qu'en pensent les principaux concernés, nos agriculteurs ?

Cyrille, agriculteur et désormais tête d'affiche d'un beau documentaire.

Un reportage de Théophile Bareille au Salon de l'Agriculture pour Sud Radio

Après Petit Paysan et Au nom de la terre avec Guillaume Canet, un nouveau film sur le quotidien des agriculteurs sort aujourd'hui dans vos cinémas. Il s’agit cette fois d’un documentaire, avec un nom à rallonge : « Cyrille, agriculteur, 30 ans, 20 vaches du lait du beurre, des dettes ». Ce film signé Rodolphe Marconi suit donc un jeune éleveur de vaches laitières qui reprend l’exploitation familiale en Auvergne mais peine à joindre les deux bouts, même en étant sur le pont de six heures du matin à minuit. Les agriculteurs de nouveau au coeur de projets cinématographiques donc, mais qu’en pensent les premiers intéressés ? Pensent-ils que cela peut changer le regard du grand public sur leur profession ? Théophile Bareille est allé à la rencontre de ces professionnels acharnés, à la grande Halle du Salon de l’Agriculture à Paris.

Sébastien a 40 ans, il est éléveur-laitier, et se reconnaît dans le personnage du documentaire et ses journées de travail sans fin.

"On travaille souvent 18 heures par jour, quand tu reprends la ferme, c'est du 7 jours sur 7."

Pour ce fermier installé en Ille-et-Vilaine, il faut que ces films changent le regard du public et aident à contrer l’agribashing, la critique du monde agricole

"Il faut que le regard sur les agriculteurs évolue. Tout le monde nous tire dans les pattes, tout le monde nous dit qu'on pollue, que ça sent mauvais, on n'a plus le droit de rien. Peut-être que ça peut motiver certains à ne plus dire ces conneries-là."

Pour cet autre éleveur, venu de la Haute-Saône avec ses vaches montbéliardes, il faut plus que des films, Luc veut du concret.

"Un film, ça ne suffit pas. Ce n'est pas ça qui va résoudre les problèmes du monde agricole. Il faut que les pouvoirs publics s'y mettent, il faut des primes."

Il ira, malgré tout, peut-être voir le documentaire de Rodolphe Marconi au cinéma, même s’il a peur qu’il lui rappelle trop ses problèmes du quotidien.