Noémie Halioua : "La fracture liée à l'antisémitisme est liée à la fracture du pays"

Noémie Halioua, journaliste chez "Actualité juive" et auteur de "L'affaire Sarah Halimi" (aux éditions du Cerf) était ce mercredi l'invitée d'André Bercoff sur Sud Radio.

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Est-ce que les juifs de France sont en danger ? La question peut paraître excessive pourtant bon nombre de personnes l'affirment haut et fort. Le récent fait divers sordide de la mort de Mireille Knoll, cette octogénaire de confession juive poignardée et morte brûlée dans l'incendie de son appartement, a fait resurgir ce débat qui continue de diviser la société. Pour l'ancien député PS et proche de Manuel Valls, Malek Boutih, la question ne se pose plus : "les juifs ne sont pas en sécurité" dans le pays. Selon la journaliste Noémie Halioua, auteur de "L'affaire Sarah Halimi", si l'antisémitisme existe bel et bien, le mal est, lui, bien plus profond.

"Les juifs vont avoir tendance à cacher leur religion"

Invitée d'André Bercoff ce mercredi, notre consœur s'est ainsi livrée à une analyse sur l'état de la société française. "Je crois que l'on est dans une situation où la nation est en danger, c'est beaucoup plus large que l'antisémitisme. La fracture liée à l'antisémitisme est liée à la fracture du pays. On est entrés dans une nouvelle ère depuis les attentats du 13 novembre 2015. Ce n'est pas uniquement les juifs qui l'ont vécu", a-t-elle d'abord indiqué. "Il faut remettre cela dans une perspective globale, je pense que c'est le pays tout entier qui est entré dans cette nouvelle période (...) mais par contre, ce que l'on peut dire, c'est que les juifs ont été les premiers sur la liste", a-t-elle ensuite ajouté.

"Il y a un contexte extrêmement difficile mais les juifs continuent de vivre assez sereinement en France. Ils continuent d'aller à la synagogue de temps en temps mais ils vont éviter de porter la kippa. Je parle des juifs pieux, parce que ce sont eux les principales victimes et c'est assez révélateur quand on regarde les chiffres : les attaques sont beaucoup plus importantes quand une personne porte une kippa par exemple, parce que c'est un judaïsme visible", a-t-elle ensuite affirmé, déplorant que "les juifs vont avoir tendance à cacher leur religion". 

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