La municipalité de Nice (Alpes-Maritimes) teste depuis ce matin la présence d'un policier devant 3 de ses écoles, afin de sécuriser les lieux. Reportage.

Non, il ne s'agit pas d'un remake du film "Un flic à la maternelle" ! Point de Schwarzy tout en muscles à l'école mais un fonctionnaire désarmé en faction, telle une force de dissuasion. Ainsi, la municipalité de Nice (Alpes-Maritimes) teste, depuis ce matin, un tout nouveau dispositif de sécurité, avec la présence d'un policier sans armes devant trois établissements scolaires de la ville. Reportage.

"Si quelqu'un arrive armé, à quoi ça sert ?"

C'est une première en France. En ce lundi de reprise, parents et enfants de trois écoles primaires niçoises ont eu affaire à un drôle de gardien en arrivant ce matin. Un policier municipal se tenait en effet devant les portes pour surveiller et contrôler les allées et venues. Depuis le terrible attentat terroriste de la promenade des Anglais, dans lequel avait péri 86 personnes, la ville de Nice ne lésine pas sur la sécurité et cherche à tout prix à sécuriser ses rues et rassurer les habitants. Considérées comme des cibles vulnérables, les écoles demeurent la priorité de la municipalité qui a donc décidé d'expérimenter ce système de "gardiennage" à l'entrée de 3 groupes scolaires et ce, pour une durée de 3 mois. Nous nous sommes rendus dans l'un des établissements concernés, situé à l'ouest de la ville. 

Loin de faire l'unanimité, la mesure - proposée en mars dernier par le maire Christian Estrosi et validée par le ministre Jean-Michel Blanquer - y divise enseignants et parents du coin. Certains de ces derniers se sont confiés au Micro de Sud Radio et l'accueil est tantôt positif, tantôt négatif "C'est bien, parce qu'il y a au moins une protection pour les enfants. On a peur par rapport à ce qu'il s'est passé le 14 juillet, on n'est pas tranquilles", nous a d'abord confié l'une des mamans venu accompagner son enfant. D'autres pointent en revanche l'inutilité d'une telle mesure en raison notamment de la marge de manœuvre réduite du fonctionnaire. "Un policier tout seul, si quelqu'un arrive armé, il ne fait rien ! Donc, à quoi ça sert ?", nous a rétorqué une mère de famille assez sceptique.

"Le policier va devenir une cible potentielle"

De son côté, Thierry Gabriel (Adjoint à la marie chargé de la sécurité) rappelle que le dispositif est expérimental et qu'il ne faut surrtout pas tirer de conclusions hâtives. "Le policier à l'intérieur c'est un plus, bien qu'il ne soit pas armé. Je précise que le fait que ce dernier ne soit pas armé est une décision du ministère et que dans le cadre de l'expérimentation, on en tirera les enseignements", nous a-t-il ainsi précisé. Pour les enseignants, il s'agit surtout d'une surenchère sécuritaire et d'un effet d'annonce comme nous l'a affirmé Gilles Jean, le secrétaire général du SNUIPP (Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC). "On peut se demander ce que va faire un policier non armé dans une école. De notre point de vue, il va même être une cible potentielle plus importante. Ça risque d'être un peu anxiogène pour les enfants et je pense que les policiers seraient mieux utilisés ailleurs", a-t-il souligné.

Vous l'aurez compris, la mesure compte autant de partisans que de détracteurs et n'a pas fini d'alimenter les débats. Pour rappel, si d'aventure l'expérimentation s'avérait concluante aux yeux de la mairie, elle serait généralisée aux 163 écoles que compte la ville.

 Reportage de Lionel Maillet

 

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