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Mort en Irlande de Ian Bailey, condamné en France pour le meurtre de Sophie Toscan du Plantier

Ian Bailey, Britannique condamné en France à 25 de prison pour le meurtre de Sophie Toscan du Plantier en 1996, est mort dimanche en Irlande, pays où il vivait et dont la justice avait refusé de l'extrader.

Paul Faith - AFP/Archives

Ian Bailey, Britannique condamné en France à 25 de prison pour le meurtre de Sophie Toscan du Plantier en 1996, est mort dimanche en Irlande, pays où il vivait et dont la justice avait refusé de l'extrader.

Cet ancien journaliste originaire d'Angleterre mais résident depuis de longues années en Irlande, avec été condamné en 2019, en son absence, par la cour d'assises de Paris pour le meurtre de la Française de 39 ans.

Il avait toujours clamé son innocence et la justice irlandaise avait à plusieurs reprises refusé de l'extrader.

La mort dimanche de Ian Bailey, 66 ans, a été rapportée par plusieurs médias irlandais, qui ont cité son avocat Frank Buttimer.

Il est mort subitement dans l'après-midi à Bantry (sud de l'Irlande), a indiqué la RTE sur son site internet.

Selon l'Irish Times, Ian Bailey est décédé à l'hôpital général de Bantry où une ambulance l'avait transporté. Il avait souffert de deux attaques cardiaques l'année dernière, selon le journal.

"Nous n’obtiendrons jamais la vérité de sa part maintenant. Nous savons qu'il s'agit d'un tueur parce que le juge français l'a jugé ainsi, mais ce n'est pas le même jugement en Irlande. L’État irlandais n’a toujours pas résolu l’affaire", a regretté dimanche Jean-Pierre Gazeau, oncle de Sophie Toscan du Plantier, cité par l'Irish Examiner.

"C'est un procès qui m'a vraiment bouleversée", a réagi auprès de l'AFP Me Marie Dosé, l'avocate de la famille Toscan du Plantier.

"Je pense beaucoup à la famille de Sophie, ils avaient l’espoir d’une extradition que je considérais impossible judiciairement", a-t-elle ajouté.

- "enquête biaisée" -

Le corps de Sophie Toscan du Plantier, épouse du producteur de cinéma français Daniel Toscan du Plantier (décédé en 2003), avait été découvert au matin du 23 décembre 1996 par une voisine, en contrebas de sa maison isolée de Schull, près de Cork, sur la côte sud-ouest de l'Irlande.

Très vite suspecté par la police irlandaise, Ian Bailey, journaliste pigiste résidant à quelques kilomètres de là, avait été placé deux fois en garde à vue en 1997 et 1998, mais jamais poursuivi en Irlande, faute de preuves suffisantes, dans une enquête émaillée de nombreuses difficultés.

Le procureur irlandais de l'époque l'avait même qualifiée de "complètement biaisée", alors que le corps de la victime était resté 36 heures dehors, recouvert d'une simple bâche, avant l'arrivée d'un médecin légiste.

Surprise chez elle, Sophie Toscan du Plantier avait fui dans la lande et s'était débattue face à son agresseur. Son crâne avait été fracassé par une pierre plate et un parpaing.

A l'issue du procès à Paris, la justice française avait estimé qu'il existait "des éléments de preuves suffisants" pour condamner Ian Bailey malgré l'absence de preuve scientifique le reliant au crime.

Me Marie Dosé se souvient d'un procès "difficile". "C'est finalement très compliqué de se battre contre une absence, contre un box vide. On ne se heurtait à aucune contradiction", a dit l'avocate dimanche.

Mais l'Irlande a toujours refusé d'autoriser son extradition en France, malgré plusieurs demandes des autorités françaises.

Après un troisième refus de la justice irlandaise en octobre 2020, Ian Bailey avait affirmé se sentir "en convalescence" et exprimé sa "sympathie" envers la famille de la victime, dans un entretien à la RTE.

Il se disait "très heureux" de vivre en Irlande, et avait répété qu'il n'avait "rien à voir" avec le meurtre de Sophie Toscan du Plantier.

Il avait ajouté qu'il ne s'était pas rendu à son procès en France car il estimait qu'il n'était pas "juste".

En 2014, Ian Bailey avait perdu un procès en diffamation contre six journaux britanniques et irlandais qui l'accusaient du meurtre. Lors de l'audience à Cork, plusieurs témoins avaient affirmé qu'il avait avoué en leur présence le meurtre de Sophie Toscan du Plantier.

Un documentaire sorti en 2021 sur la plateforme de streaming Netflix avait de nouveau fait parler de cette affaire.

Par Marie HEUCLIN / Londres (AFP) / © 2024 AFP

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