Mickaël Cham : "Les CRS ne voulaient pas nous appréhender, ils voulaient seulement nous frapper"

André Bercoff propose une émission spéciale justice sociale, ce jeudi 2 mai 2019 sur Sud Radio, avec plusieurs invités dont Mickaël Cham qui a pu filmer l'incident de La Pitié Salpêtrière, dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

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À La Salpêtrière, les CRS "ont fait s'allonger une vingtaine de personnes, face contre sol"

André Bercoff propose une émission spéciale justice sociale avec plusieurs invités dont Mickaël Cham qui a pu filmer l'incident de La Pitié Salpêtrière. Celui-ci témoigne en exclusivité s'être réfugié dans l'enceinte de l'hôpital pour pouvoir respirer car la rue était envahie de gaz lacrymogènes. Lorsqu'ils parviennent à s'extraire de la foule, une première fois, ils réalisent qu'ils sont dans un hôpital quand des personnels en bleu leur donnent du sérum physiologique : "Quand on est rentré dans l’Hôpital de La Pitié Salpêtrière, on ne voyait rien, on ne savait pas où on allait, on fuyait le gaz". Il y pénètre une deuxième fois pour se désolidariser de ce qui passe : un affrontement entre policiers et black blocs.

Mickaël Cham ironise sur le fait d'avoir dû se réfugier dans un hôpital pour échapper à la police. Et il raconte alors : "Dans la cour, on voit arriver en face de nous, par la grille ouverte, des voltigeurs : un policier qui conduit la moto et un autre avec un flash-ball. Ils ne tirent pas mais nous visent à la tête". Et il poursuit son récit, expliquant que lorsqu'ils se retournent, ils font face à une trentaine de CRS, matraques en l'air. "On part alors sur le côté, on ne sait pas ce qui se passe, on veut leur laisser la place de passer. Mais en fait, ils nous menacent, nous frappent et commencent à crier 'Dégagez, dégagez !'. On met tous les mains en l'air." Il détaille que, pour sortir, il ne restait que vingt centimètres entre le mur et les CRS et qu'ils se sont donc faits frapper en essayant de sortir. "Les CRS ne voulaient pas nous appréhender, sinon ils l'auraient fait, ils étaient plus nombreux que nous ; ils voulaient seulement nous frapper." Et de préciser : "Tout le monde avait le visage découvert, pas de black blocs à La Pitié Salpêtrière. Ils ont gardé une vingtaine de personnes, les ont allongées face contre sol".

Raphaël Pradeau dénonce : "Les plus riches et les plus grandes entreprises échappent à l'impôt"

Raphaël Pradeau, professeur de sciences économiques et sociales et membre du conseil d'administration d'Attac France, association alter-mondialiste, dénonce lui le discours d'Emmanuel Macron. Selon lui, il n'y a pas de justice fiscale : la preuve, Emmanuel Macron, après le débat national, qui dit avoir entendu les citoyens mais qui maintient sa politique actuelle. "Lorsqu'on demande une justice fiscale, on ne veut pas moins d'impôts, mais que tout le monde paie sa juste part d'impôts. On est dans une situation, en France, où les plus riches et les plus grandes entreprises échappent grandement à l'impôt par des moyens plus au moins légaux comme l'évasion fiscale. Avec Macron, les 1% les plus riches sont les plus grands gagnants du système fiscal." Il évoque aussi les GAFA : "Les Google, Amazon, Apple... continuent à payer beaucoup moins d’impôts qu’une PME".

Enfin, Geneviève Legay, la militante d'Attac de 73 ans blessée à Nice le 23 mars 2019 en marge d'une manifestation de Gilets Jaunes, témoigne : "Après un mois, ça va un peu mieux, mais je n'ai pas encore retrouvé mes sens. J'ai eu un traumatisme crânien dont cinq fractures à la tête. Je n'ai pas recouvré la vue complètement, ni l'ouïe droite. Je n'ai plus du tout d'odorat... Je tiens debout mais je ne peux pas marcher toute seule. Je suis en rééducation". Sa sortie d'hôpital est prévue pour le 15 mai. Ensuite, elle répond à ceux qui lui disent qu'elle n'était pas à un endroit où il était autorisé de manifester. "Lorsque je me suis renseignée la veille, la place Garibaldi n'était pas citée dans les lieux interdits. De plus, lorsque je me suis fait frapper, je n'étais plus sur la place. C'était une manifestation avec des gens pacifiques, certains avec des poussettes... J'avais un drapeau de la paix. J'étais là pour défendre l'avenir de mes enfants et petits-enfants."

 

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