Marseille: "il y aura des plaintes, on veut des dates, des appartements rénovés"

immeubles effondrés Marseille
©AFP

Alors qu'un 7ème corps a été trouvé jeudi 8 novembre dans les décombres des immeubles effondrés à Marseille, le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, est sorti de son silence et a défendu sa politique. "200 millions d’euros ont été investis par la ville pour rénover les logements insalubres en 13 ans. Je ne regrette rien, hors de question de démissionner, un capitaine ne quitte pas le navire en pleine tempête". Mais ses explications sont loin d’avoir convaincu les habitants du quartier de Noailles et ne calment pas leur colère. Lionel Maillet de Sud Radio est allé à leur rencontre.

"Il a des morts sur la conscience, ça me dégoûte"

Les habitants due Marseille n’ont pas de mots assez durs à l’encontre du maire. "Gaudin démission !" Une Marseillaise est venue le dire jusque sous les fenêtres de la mairie. Elle attendait un mea culpa qui n'est jamais arrivé. "Pour moi il a des morts sur la conscience, ça me dégoûte, il ne prend pas ses responsabilités. Il n'a qu'à démissionner s'il ne veut pas prendre ses responsabilités."

Cette habitante, qui vit à 2 pas de la rue d'Aubagne, ne croit pas du tout, quant à elle, aux 200 millions d'euros investis par la ville depuis 2005 contre le logement insalubre : "On se demande où va l'argent public. On sait qu'il y a des millions d'euros, mais à peine un tiers des logements ont été rénovés. On se moque de nous ! L'argent public est là pour faire un hôtel de luxe à Noailles, pour faire la requalification d'une place à La Plaine, dont personne ne veut, mais quand il faut de l'argent, et ça fait 20 ans qu'on le sait, pour rénover des logements, on n'est pas capable" s'indigne-t-elle au micro de Lionel Maillet de Sud Radio.

Une marche blanche est organisée samedi 10 novembre à 15 heures

Les habitants s'organisent pour mener une action judiciaire collective : "il y aura des plaintes, une enquête judiciaire est déjà ouverte, on attend des résultats, qu'ils arrêtent de nous balader ! On veut des dates, des appartements rénovés, que les gens arrêtent de vivre dans tes taudis. Donc il faut qu'ils fassent leur travail, et pas dans un mois ! Que les travaux de rénovation commencent demain".

Une marche blanche est organisée samedi 10 novembre à 15 heures, en hommage aux victimes. Une autre marche suivra mercredi 14 novembre, mais cette fois pour dire toute leur colère.

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Anonyme
- Vendredi 9 novembre 2018 à 13:59
Face aux pouvoirs publics défaillants,aux abonnés absents,nous devons prendre en main nos affaires.Il n'y a malheureusement RIEN à attendre de ces cyniques politicards sans vergogne.La politique ce n'est pas de la "communication" !
Michel Ange
- Vendredi 9 novembre 2018 à 16:02
Depuis 2008, toutes les procédures inimaginables étaient épuisées après de nombreuses réunions, expertises, contre expertises etc.....
Cet immeuble aurait dû être démoli au plus tard au lendemain de toutes les purges épuisées et bien non, rien n'a été fait où sont les responsables ces inutiles à présent. (autorité préfectorale et municipale). Ces gens là ont 6 ou 7 morts sur leur conscience, mais ont-ils une conscience ?
Lui, le préfet de l'époque continue sa carrière, quant au maire dans 2 ans il prend sa retraite. On verra ce que fera notre "honorable justice", en condamnant à des peines fermes de prison tous ces responsables de haut rang. Là je rêve, évidemment, le responsable sera comme d'habitude le lampiste de base.
Pensée, à toutes ces victimes innocentes, qu'elles reposent en paix à présent.

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