Marseille entre chaleur et pollution

La pollution à Marseille, un danger pour les Marseillais – Un reportage de Lionel Maillet.

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Les yeux qui piquent, la gorge qui gratte : les périodes de chaleur pendant l’été sont un calvaire pour tous ceux qui souffrent de troubles respiratoires. Avec les fortes températures et le trafic automobile, la qualité de l’air se dégrade fortement, les niveaux d’ozone augmentent. Des gênes respiratoires aux décès prématurés, les risques sont bien réels. Notamment à Marseille où, en plus des voitures, ce sont les navires de croisière qui dégagent de gros panaches de fumée sur la ville.

 

Attendre que le vent chasse la pollution

Avec la chaleur et la circulation du centre-ville, Muriel et sa fille ne peuvent plus mettre un pied dehors. "Des maux de gorge, les yeux qui piquent et même une difficulté à respirer". Elles attendent qu’il y ait du vent pour sortir, que la pollution se réduise un tant soit peu. "Sinon on reste à la maison. On évite de faire du sport, du footing, du vélo… quand il fait trop chaud et que la pollution stagne sur la ville".

Dans la cité phocéenne, la pollution vient aussi de la mer, explique Sébastien Bard, du collectif Marseille en commun : "c’est la ville où il y a le plus fort taux de particules fines. C’est essentiellement dû au trafic automobile. C’est aussi lié au fait que l’on soit une ville industrielle, et aussi une ville maritime, avec un trafic important".

Un danger pour qui ?

Les jours d’alerte à l’ozone, la vitesse est baissée de 20 km/h sur les routes. Pour la première fois cet été, la ville a testé la circulation différenciée. Mais on ne s’en prend qu’aux automobilistes, déplore ce médecin généraliste marseillais : "ce n’est pas cela qui va régler le problème de l’ozone ; il y a les émanations industrielles, très importantes, les décollages des avions…"

Toute cette pollution, c’est un danger pour qui ? "Tous ceux qui sont déjà fragiles sur le plan respiratoire, aussi bien les personnes âgées que les tout petits. Plus les gens ayant un terrain particulier, les bronchiteux chroniques, les insuffisants respiratoires, les asthmatiques et les allergiques". Selon les chiffres d’Air Paca, Marseille serait la ville la plus polluée de France en matière de particules fines. La pollution de l’air serait à l’origine de 2.500 décès prématurés par an dans la cité phocéenne.