Manifestations de chasseurs contre l'interdiction de chasses traditionnelles

Les chasseurs vont manifester samedi dans plusieurs villes de France pour défendre des chasses traditionnelles d'oiseaux, jugées illégales par le Conseil d'Etat, et alors que le gouvernement vient de faire un geste envers cet électorat très courtisé.

RAYMOND ROIG - AFP/Archives

Les chasseurs vont manifester samedi dans plusieurs villes de France pour défendre des chasses traditionnelles d'oiseaux, jugées illégales par le Conseil d'Etat, et alors que le gouvernement vient de faire un geste envers cet électorat très courtisé.

Selon les fédérations locales de chasse, des milliers de personnes sont attendues, notamment à Mont-de-Marsan dans les Landes et à Amiens.

Xavier Bertrand, qui espère représenter la droite à l'élection présidentielle, sera présent en début de manifestation à Amiens, fief électoral de la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili.

Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), le 15 septembre 2020 à Paris

Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), le 15 septembre 2020 à Paris

GEOFFROY VAN DER HASSELT - AFP/Archives

"Le coup d’arrêt aux chasses dites traditionnelles a été la goutte d'eau de trop, (…) si on laisse partir les chasses dites traditionnelles, d’autres chasses vont être visées", a assuré à l'AFP Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), qui revendique un million de pratiquants en France. "Une mobilisation cette fois nationale est par ailleurs en discussion pour mars", a-t-il ajouté.

Plusieurs milliers de manifestants devraient être présents à Amiens. La fédération landaise de chasseurs table pour sa part sur une participation "minimale" de 10.000 personnes, avec 170 à 200 bus attendus de toute la Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie, voire des Ardennes. D'autres rassemblements sont prévus à Caen (Calvados), Orléans (Loiret), Charleville-Mézières (Ardennes), Redon (Ille-et-Vilaine) et Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence).

Manifestation pour la chasse à la glu à Prades le 12 septembre 2020

Manifestation pour la chasse à la glu à Prades le 12 septembre 2020

RAYMOND ROIG - AFP/Archives

En août, le Conseil d'Etat a jugé plusieurs techniques de chasse avec des filets (pantes, tenderies) ou des cages (matoles) contraires à la directive européenne "oiseaux" de 2009, qui interdit les techniques de capture massive d'oiseaux sans distinction des espèces capturées.

Mercredi, le gouvernement a mis en consultation plusieurs arrêtés pour ré-autoriser certaines de ces chasses, au grand dam des défenseurs de l'environnement.

La justice avait déjà jugé illégale, en juin, la chasse à la glu, qui consiste à piéger des merles et des grives sur des tiges enduites de colle, mais qui conduit à capturer aussi d'autres espèces d'oiseaux.

Ces interdictions sont mal vécues par les chasseurs, qui avaient obtenu du président Emmanuel Macron une réforme de la chasse, avec une baisse du prix du permis de chasser national de 400 à 200 euros.

Ils entendent aussi défendre "un monde rural qui se sent menacé", a expliqué Régis Hargues, directeur de la fédération des chasseurs des Landes, à l'AFP. Parmi les chasseurs, 8% sont des agriculteurs, 39% des cadres et professions libérales et 21% des employés, selon la FNC. Sur 1,03 million de pratiquants, 2,5% sont des femmes.

La pratique de la chasse et sa cohabitation avec d'autres activités de nature divise. Une pétition pour réclamer l'absence de chasse le dimanche a recueilli plus de 250.000 signatures.

 

AFP / Paris (AFP) / © 2021 AFP