Manifestation des gilets jaunes : "on appelle tous les quartiers populaires à venir massivement"

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AFP

Les habitants des quartiers populaires vont-ils se joindre au mouvement des gilets jaunes samedi ? C'est en tout cas le souhait du comité Adama et de plusieurs collectifs de banlieue, avec le soutien de l'Action Antifasciste Paris-Banlieue. Le comité de soutien à la famille d'Adama Traoré, jeune homme décédé lors d'une interpellation en juillet 2016, affirme partager de nombreuses problématiques avec les gilets jaunes. Inégalités sociales, salaires de misère, taux de chômage qui explose dans certains quartiers. Les habitants des banlieues comptent faire entendre leur voix samedi. Clément Bargain de Sud Radio est allé à leur rencontre.

"On appelle tous les quartiers populaires à venir massivement

Le message du porte-parole du Comité Adama, Youcef Brakni, pour samedi est très clair : "on appelle tous les quartiers populaires à venir massivement, ceux qui nous suivent et qui ont confiance en nous. Samedi, le mouvement des gilets jaunes peut prendre une autre tournure". 

Pour lui, les quartiers populaires sont confrontés aux mêmes problématiques que les territoires ruraux : "les taux de chômage atteignent jusqu'à 40 % dans certains quartiers populaires. Nous vivons déjà la surprécarité, mais là ça va être encore pire".

La hausse des taxes est devenue insupportable pour les plus défavorisés. "Pour un ménage qui a 1.200 euros par mois, entre 600 euros de loyer, 100 euros d'assurance, 100 euros de mutuelle, 50 euros de frais téléphoniques, tous les mois on est à découvert !" explique à Clément Bargain de Sud Radio ce membre de la France Insoumise et militant des quartiers populaires. "Entre les milieux ruraux, les territoires d'Outre Mer, les quartiers populaires, tous ces milieux qui ont été abandonnés par le pouvoir parisien, on ne doit pas passer à côté de ça".

"Le seul rapport qu'ont les habitants des quartiers populaires avec l'État, c'est la violence"

Pour Youcef Brakni, le dialogue avec l'État est aujourd'hui complètement rompu : "le seul rapport qu'ont les habitants des quartiers populaires avec l'État, c'est la violence. Ce sont des quartiers où on a une école à deux vitesses. Il y a deux fois moins de moyens alloués à un élève de Seine-Saint-Denis qu'à un élève du centre de Paris. C'est une carte qui a été diffusée par le journal Le Monde, mais tout le monde s'en fout !"

Le mot d'ordre pour samedi : dire stop au mépris social. Les habitants des quartiers populaires doivent s'allier aux gilets jaunes. Le lieu de rendez-vous est déjà fixé, la manifestation partira de la gare Saint-Lazare à 13 heures, pour se rendre jusqu'aux Champs Élysées.

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