Manifestation contre les agressions envers les livreurs : "On est traités comme des esclaves sauf que l'esclavage, c'est fini depuis très longtemps"

Des livreurs de plateformes dénoncent la montée de la violence. Une manifestation est organisée ce vendredi à 15 heures, Place de la République à Paris.

Le 10 août dernier, les livreurs Deliveroo protestaient déjà contre le trou soudain dans la fiche de paye. (Photo JACQUES DEMARTHON / AFP)

Reportage de Clément Bargain

 

Des livreurs de plateformes dénoncent la montée de la violence. Une manifestation est organisée ce vendredi à 15 heures, Place de la République à Paris.

Ces dernières semaines, plusieurs livreurs ont été agressés, malmenés. Les images de l'agression à caractère raciste d'un livreur survenue fin mai à Cergy ont choqué. Les conditions de travail et la relation avec les clients semblent de plus en plus difficiles.

"Le livreur est toujours traité comme un esclave sauf que l'esclavage, c'est fini depuis très longtemps"

À cause d’un mauvais commentaire, Idriss vient de se faire suspendre son compte Uber Eats. Il ne peut plus livrer pendant 24 heures. "Sur Uber, le client, c'est le roi. Le livreur est toujours traité comme un esclave sauf que l'esclavage, c'est fini depuis très longtemps".

"Nous demandons aux clients de considérer le métier que nous faisons"

Alors qu’ils étaient en première ligne lors du premier confinement, les livreurs se sentent aujourd’hui dénigrés. Commentaires désobligeants, propos racistes... Jean-Noël a de plus en plus de mal à supporter le comportement de certains clients. "Il y a le ton avec lequel le client répond où la façon dont il te parle au téléphone. C'est ça que nous voulons plus. Nous demandons aux clients d'être gentils, vraiment aimable et considérer le métier que nous faisons.

"On n'est pas sur des revendications de droit du travail mais de Droit de l'Homme"

Ces dernières semaines, plusieurs livreurs ont été victimes d’agressions. Un climat qui inquiète Jérôme Pimot porte-parole du Clap, collectif des livreurs autonomes à Paris. "Il ne faudrait pas que cette idée que cette idée de violence, d'agression et de racisme se diffuse trop. On n'est pas sur des revendications presque travaillistes, de droit du travail mais sur des revendications de Droit de l'Homme : c'est-à-dire de la dignité et du respect".

Les livreurs qui attendent également plus de soutien de la part plateformes se rassembleront ces prochains jours partout en France.

Clément Bargain (avec Maxime Trouleau)