Maître Cusas : "Facebook a un algorithme qui identifie certains mots interdits"

Maître Éric Cusas, avocat au barreau de Bruxelles et de Paris, qui a décidé de s'attaquer au géant du net Facebook, était l’invité d’André Bercoff, lundi 29 juin, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Éric Cusas invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

L'avocat Éric Cusas a été victime de la sévère censure de Facebook. Alors qu'aucune explication ne lui a été fournie depuis, il a décidé d'attaquer la plateforme en justice. C'est le combat d'un avocat défenseur de la liberté d'expression contre le géant d'Internet.

 

Sa page supprimée

Une mésaventure personnelle, motiva maître Cusas de s'engager dans un bras de fer contre Facebook. Un réseau social sur lequel il s'était inscrit en 2011, "au départ pour surveiller ma fille et m'assurer de la qualité de ses relations", raconte l'avocat. Puis, maître Cusas s'est pris au jeu, "a étoffé [son] réseau d'amis, publié pas mal de contenus à caractère politique, partagé ou écrit des articles...", reconnaît-il. Mais un matin de janvier 2020, à sa grande surprise, sa page était désactivée, "sans aucun avertissement au préalable", s'étonne-t-il. "On me dit que ma page méconnaissait les standards de la communauté", rapporte l'avocat qui a alors interrogé la plateforme et envoyé une copie de sa carte d'identité pour prouver son identité. "On m'a confirmé que ma page était supprimée tout en refusant de m'indiquer quand et pour quelles raisons j'ai outrepassé les standards de la communauté pour des motifs de confidentialité", s'indigne-t-il.

Mais en tant qu'avocat et "défenseur de la liberté d'expression", maître Cusas n'a pas lâché et assigne en justice la plateforme. "En Belgique, puisque je suis domicilié là-bas, et à Paris pour un jeune journaliste français", explique-t-il. Un journaliste qui a vécu la même mésaventure le 22 mai dernier, "lui aussi sans explication ni justification". Et pourtant, son avocat est "certain que ce jeune journaliste n'a jamais publié de contenu qui pourrait inciter à la haine, à la violence ou au terrorisme". 

Des mots et des photos interdits

Maître Éric Cusas explique alors la procédure répressive de Facebook. "Le jour où on vous désactive votre page, vous allez interroger la plateforme et recevoir un mail de la part d'une personne fictive. C'est l’algorithme qui décide si tel ou tel mot ou photo est conforme ou non", développe-t-il. Toute publication non conforme n'entraîne pas systématiquement la suppression du compte. "Ça peut être la suppression de la publication, une sanction pendant un certain nombre de jours", précise l'avocat. Dans un premier temps, c'est un algorithme qui "identifie certains mots interdits ou de la chair", soit des photos de nue ou de personnages historiques.

"Si vous publiez une photo de Hitler, même avec une légende historique, sans caractère polémique elle sera supprimée", explique l'avocat. Plus récemment, c'est sur Génération identitaire que l'algorithme censure particulièrement. "Facebook a annoncé il y a quelques mois qu'il supprimerait tout contenu traitant même factuellement de Génération identitaire", rappelle maître Cusas. De nombreux internautes ont vu "leurs publications être supprimées et le compte interdit de publier pour avoir partagé des contenus de médias mainstream traitant factuellement de Génération identitaire", s'indigne-t-il. "Cette organisation n'est pas interdite par la loi, et à moins qu'elle ne tienne des propos qui tombent sous le coup de la loi pénale, je ne vois pas pour quelle raison ils bloqueraient", interroge l'avocat qui souligne que "les standards de la communauté ne sont pas clairs".

 

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