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Mains rouges sur le Mémorial de la Shoah à Paris: indignation contre un acte de "profanation"

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées mardi soir devant le "Mur des Justes" à l'extérieur du Mémorial de la Shoah à Paris où des mains rouges avaient été taguées dans la nuit, pour dénoncer un acte de "profanation".

Antonin UTZ - AFP

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées mardi soir devant le "Mur des Justes" à l'extérieur du Mémorial de la Shoah à Paris où des mains rouges avaient été taguées dans la nuit, pour dénoncer un acte de "profanation".

"Toucher à la mémoire des Justes, c'est toucher à la mémoire de la République", a lancé Sarah Aizenman, la présidente du collectif "Nous vivrons" à l'initiative du rassemblement.

Plusieurs centaines de personnes avaient répondu à l'appel, parmi lesquelles des élus parisiens, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Yonathan Arfi et la rabbin et écrivaine Delphine Horvilleur.

"Touche pas à la mémoire", "Qui sauve une vie sauve l'humanité toute entière" pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants qui se sont réunis dans le calme avant d'entonner la Marseillaise et la Hatikvah, l'hymne israélien.

"Profaner le mur des Justes est la plus grande des ignominies qu'il ait été possible de commettre", a dénoncé Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la marie de Paris, venu dire son "effroi" face à cette "profanation" qui lui a rappelé celle du cimetière de Carpentras en 1990.

Pour Valérie Segal, 62 ans, petite fille de déportés juifs, "ces mains rouges, c'est comme si on tuait mes grands-parents une deuxième fois".

Dans la nuit de lundi à mardi, "des individus cagoulés ont dégradé le +Mur des Justes+", où sont apposées des plaques listant les 3.900 hommes et femmes qui ont contribué à sauver des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, avait annoncé dans la matinée le Mémorial de la Shoah qui a déposé plainte.

- D'autres lieux tagués -

Les tags représentant des mains rouges, peintes sur ce "Mur des Justes" qui se situe dans l'allée jouxtant le Mémorial, ont été effacés en fin de matinée.

Une dizaine d'autres lieux ont également été tagués dans le quartier du Marais, du "type écoles ou crèches", a indiqué à l'AFP Ariel Weil, le maire PS de Paris Centre, secteur qui regroupe les quatre premiers arrondissements de la capitale.

La maire socialiste de Paris Anne Hidalgo a indiqué avoir procédé au signalement à la procureure de Paris de ces actes "potentiellement constitutifs du délit d'injure publique à caractère antisémite".

"Nous allons porter plainte systématiquement dans tous les endroits où ces symboles seront posés", a ajouté Emmanuel Grégoire.

Des mains rouges ont été taguées sur le Mur des Justes à l'extérieur du mémorial de la Shoah, le 14 mai 2024, à Paris

Des mains rouges ont été taguées sur le Mur des Justes à l'extérieur du mémorial de la Shoah, le 14 mai 2024, à Paris

Antonin UTZ - AFP

Le symbole des "mains rouges" avait été au coeur d'une polémique fin avril lorsque des étudiants de Sciences-Po Paris avaient exhibé leurs paumes peintes en rouge devant l'école, comme un appel au cessez-le-feu dans la bande de Gaza selon eux. Mais plusieurs voix s'étaient élevées pour dénoncer une allusion au lynchage de deux soldats israéliens à Ramallah en 2000 par des Palestiniens.

- "Vandalisme antisémite" -

"À tous ceux qui disaient que les mains rouges n'étaient pas un symbole antisémite (...), les voilà apposées sur le Mur des Justes", a écrit sur X la porte-parole du gouvernement Prisca Thevenot.

Emmanuel Macron a lui dénoncé "l'atteinte à la mémoire" des victimes de la Shoah et des Justes et promis une République "inflexible face à l'odieux antisémitisme".

Cet acte intervient sur fond de flambée des actes antisémites (+300% à 366, selon le Premier ministre Gabriel Attal).

Il a soulevé une vive émotion au sein de la communauté juive, d'autant que les tags ont découverts le jour anniversaire de la "Rafle du billet vert" qui avait constitué la première arrestation massive de juifs le 14 mai 1941 à Paris.

Le Grand rabbin de France Haïm Korsia a dénoncé un "odieux outrage à la mémoire de millions de personnes mortes pendant la Shoah".

Sur le réseau social X, le recteur de la Grande mosquée de Paris Chems-eddine Hafiz s'est dit "indigné".

La cheffe de file du RN à l'Assemblée nationale Marine Le Pen a dénoncé "l'infâme banalisation d’un antisémitisme assumé" et Manon Aubry, tête de liste LFI aux européennes, a jugé la dégradation "insupportable et inadmissible".

En octobre, la découverte d'étoiles de David taguées sur des immeubles en région parisienne avait fait craindre une contagion du conflit israélo-palestinien. Mais l'affaire, pour laquelle un couple de Moldaves a été interpellé, a finalement été imputée par les autorités françaises aux services de sécurité russes (FSB).

Par Claire GALLEN, Juliette COLLEN / Paris (AFP) / © 2024 AFP

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