Tout au long du mois, Sud Radio vous fait revivre les moments forts de Mai 68. Cinquante ans après, Marie-Françoise Gabison se souvient de la manifestation du 24 mai, prélude à la fin du mouvement.

En ce 24 mai 1968, beaucoup ne le savent pas mais le mouvement de Mai 68 touche à sa fin. Ce jour-là, des dizaines de milliers de manifestants traversent Paris pour instaurer un gouvernement populaire. Institutrice et militante, Marie-Françoise Gabison est présente dans le cortège et se souvient de l’atmosphère très tendue dans les rues de la capitale. "Des gens ont tenté de rentrer dans la Bourse et commencé à mettre le feu. On était en direction de l’Élysée, poursuivis par les flics. Tous les ponts de la Seine étaient fermés, et je me rappelle que les gens disaient qu’il fallait rentrer dans le jardin des Tuileries pour se protéger. Là, j’ai commencé à avoir vraiment la trouille", se souvient-elle.

Alors que le président de la République Charles De Gaulle annonce la tenue d’un référendum le 16 juin, s’en suit une nuit d’émeutes d’une grande violence. Trois jours plus tard, le stade Charléty est plein comme un œuf. Étudiants, syndicats et ouvriers pensent déjà à la suite, et le nom de Pierre Mendès France, grande figure de la IVe République, est cité. Mais la soufflé retombe assez vite. "Qu’est-ce qu’on va faire ? Qui prend le pouvoir ? Qui va dissoudre l’Assemblée nationale ? Quand Mendès France est intervenu, je n’ai pas eu l’impression qu’il avait l’enthousiasme d’entraîner les gens", pointe Marie-Françoise Gabison.

Le 29 mai, le Général De Gaulle disparaît quelques heures à la surprise générale, et les manifestants croient alors avoir réussi à faire plier le pouvoir. "C’est le moment, c’est le moment, De Gaulle est parti ! Les gens chantaient "Adieu De Gaulle", et tout le monde sortait son mouchoir, c’était drôle", raconte l’institutrice. Mais le chef de l’État réapparaît le lendemain, et 30 000 partisans défilent sur les Champs-Élysées pour le soutenir, à la grande stupeur de Marie-Françoise. "Je ne pouvais pas imaginer qu’autant de gaullistes pouvaient manifester dans la rue. On avait quand même l’impression de tenir Paris, et je me suis dit qu’on n’aurait pas pu faire face à des gens comme ça", reconnaît-elle.

Un reportage de Capucine Bouillot

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