Macron au CFCM - 78% des Français craignent pour la laïcité

Alors que le Président de la République rencontre ce lundi matin les membres du conseil français du culte musulman (CFCM), une enquête menée par IFOP-Fiducial pour le JDD atteste que 78% des Français pensent que la laïcité est "menacée" et 61% d'entre eux considèrent que "l'islam est incompatible avec les valeurs de la République. Emmanuel Macron parviendra-t-il à apaiser les tensions dans la débat public actuel ? Les Français s'inquiètent et craignent un clivage profond.

Emmanuel Macron et Christophe Castaner en pleine discussion avec le Président du CFCM, Dalil Boubakeur (AFP)

Un reportage signé Mathilde Jullien

Les Français s'inquiètent du recul de la laïcité en France. Le débat ambiant relance des questions profondes : qu'est-ce que l'espace public ? Les sorties scolaires sont-elles un prolongement de l'école ? Quid des signes ostentatoires ? Emmanuel Macron rencontre ce lundi 28 octobre les membres du conseil français du culte musulman à ce sujet.

Les chiffres en attestent : près de 8 français sur 10 (78%) pensent que la laïcité est menacée selon le sondage Ifop-Fiducial paru hier matin pour le JDD.  Et 61% des Français estiment que l'Islam est incompatible avec les valeurs de la République.

 

Macron au contact pour "discuter avec l'islam de France"

De son côté, Emmanuel Macron annoncera de nouvelles mesures contre la radicalisation et le communautarisme dans les semaines à venir. Il entend s'atteler au chantier de l'Islam de France mais "à bas bruit", comme ce matin où il reçoit les membres du CFCM.

Pour le grand imam de Bordeaux, Tareq Oubrou, il faut aller plus loin que la réforme du conseil français du culte musulman, il faut "un conseil national des imams de France" alors que "le CFCM est dirigé par des laïcs qui n'ont pas de fonction pour dire l'islam de France".

 

De manière plus radicale, le député RN du Gard, Maître Gilbert Collard, estime que la défense de la laïcité passe par l'interdiction des signes ostentatoires, et donc, du voile.

"35% des musulmans arborent le voile mais 70% y seraient favorables. Il y a une propagande vestimentaire. Il y a donc une nécessité absolue de lutter contre une proagande politico-religieuse" Gilbert Collard, député RN du Gard

 

Du côté de la majorité, la question divise, mais les députés de laREM crient à l'amalgame. Le port du voile ne rime pas avec radicalisation pour Jean-François Césarini, député LREM du Vaucluse, qui s'inquiète des dérives du débat.

"L'immense majorité des femmes voilées ne sont pas terroristes. Elles sont là pour perpétuer une tradition." Jean-François Césarini, député LREM du Vaucluse

Entre hommes et femmes politiques, le débat s'amplifie à l'aune d'un vote majeur au Sénat ce mardi : celui de  la proposition de loi des Républicains (LR) qui vise à interdire le port de signes religieux aux parents accompagnants des sorties scolaires.