"Lors du premier exode massif, il n’y avait pas eu de rebond de l’épidémie"

Après l’avoir suspendu deux jours, la France reprend l’administration du vaccin AstraZeneca. Jean-Paul Hamon, médecin généraliste à Clamart, Président d'honneur de la Fédération des médecins de France, était l’invité de Patrick Roger le 19 mars dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

Plus que la peur du vaccin, c'est le manque de doses qui pose problème. (Joel Saget - AFP/Archives)

"Cela met le doute mais cela n’a aucune signification"

Après ce qui s’est passé, cette suspension temporaire, les Français vont-ils avoir confiance pour se faire vacciner avec l’AstraZeneca ? "Cela va être un peu plus difficile, concède Jean-Paul Hamon, médecin généraliste à Clamart, président d'honneur de la Fédération des médecins de France. Pour autant, je pense que les Français ont compris que, si le Président Macron a pris cette décision, c’était vraiment pour ouvrir grand le parapluie et s’aligner sur l’Allemagne."

"Tout le monde pensait que de toute façon cela n’allait rien changer à la décision de la Commission européenne, qui n’allait pas se dédire après avoir étudié le vaccin. Cela va freiner quelques réticents. Mais honnêtement, vous avez plus de chances d’attraper une thrombose en prenant la pilule qu’en prenant ce vaccin : 22 cas sur des millions de vaccinations, certes, cela met le doute mais cela n’a aucune signification."

 

 

"1,4 million de vaccins AstraZeneca pour le 29 mars"

Finalement, le plus grand problème n’est-il pas d’avoir des doses ? "C‘est exactement cela, le gouvernement n’a pas pris beaucoup de risques. Cette semaine et la semaine dernière, on avait le droit qu’à 150.000 doses. Du coup, nous n’allons commencer à vacciner que la semaine prochaine. On nous promet pour le 29 mars 1,4 million de vaccins AstraZeneca. Nous espérons que ce n’est pas un poisson d’avril. Jusqu’ici, c’était à 150.000 à 300.000 doses par semaine. Ce n’est pas avec cela que l’on va atteindre les 10, 20, 30 millions dont Jean Castex parlait hier. Ce qui m’énerve quand même, c’est que cela fait un mois que je parle de la possibilité de sécuriser classes et petits commerces avec un boîtier fabriqué du côté de Nantes. Les journalistes y sont allés, le gouvernement n’a envoyé personne pour voir si c’était sérieux. On a les moyens de sécuriser classes, petits commerces et même les transports, et on n'envoie personne ? C’est terrible. Franchement, l’administration française ne se glorifie pas avec sa passivité."

Il va y avoir un exode des habitants de la région parisienne. Les trains sont bondés. N’y a-t-il pas des risques de transmission ? "Si l’on se réfère à la première grande transhumance du premier confinement, avec un exode massif, précise Jean-Paul Hamon, il n’y avait pas eu de rebond de l’épidémie. Les gens sont conscients, ils vont se mettre dans des conditions de confinement meilleures qu’à Paris. Une fois sur place, ils respectent les mesures barrières. Dans les trains, ils sont moins tassés que dans le métro. Si vous avez un masque et que vous respectez la distanciation, le lavage de mains, vous avez moins de risque dans un train que dans un métro parisien."

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