Loïk Le Floch-Prigent : "Nous n'avons pas les moyens pour s'occuper valablement de 71.000 personnes en prison"

Loïk Le Floch-Prigent, dirigeant d'entreprises, auteur de "Repenser la prison" (éditions Michalon), était l’invité d’André Bercoff jeudi 26 mars sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Loïk Le Floch-Prigent invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio. AFP PHOTO / FRED TANNEAU

Alors que Nicole Belloubet a annoncé vouloir libérer 5.000 personnes dans les prisons pour éviter la propagation du coronavirus à travers les barreaux des cellules, c'est l'occasion de s'intéresser aux différents profils qui peuplent les centres pénitenciers.

 

Des conditions scandaleuses et inhumaines

Pour Loïk Le Floch-Prigent, "la situation actuelle est dramatique". Il rapporte que dans les prisons, 71.000 personnes vivent entassées dans des espaces qui ne peuvent accueillir plus de 56.000 places. "Par conséquent, dans les cellules où on doit être seul, il y a la plupart du temps deux personnes et un matelas par terre", raconte l'auteur. En France, "on dénombre 1.500 matelas par terre, ce qui est scandaleux et inhumain", note-t-il.

Loïk Le Floch-Prigent pose la question fondamentale de savoir "si tous les gens qui sont en prison sont vraiment un péril pour la population". Selon lui, les prisons sont surtout utiles pour "neutraliser les criminels et essayer d'éviter qu'ils repassent à l'acte". "La plupart des gens qui sont en prison n'y sont pour des raisons de neutralisation mais pour des punitions", déplore-t-il.

Un problème de neutralisation

Le problème selon l'auteur est que "cette punition n'est pas quelque chose d'intelligent, car il y a récidive derrière". Car Loïk Le Floch-Prigent le rappelle, "les 71.000 personnes en prison ne sont pas tous des criminels potentiels", notant que l'ordre de grandeur des personnes dangereuses "est estimé entre 5.000 et 15.000 détenus". 

L'auteur estime que dans le lot des détenus, de nombreuses personnes "n'ont rien à faire dans les prisons", énumérant "les cas psychiatriques, les accrocs aux drogues bénignes ou ceux ayant conduit sans permis". "Si jamais on a tous ces gens en prison, on ne s'occupe pas véritablement des gens dangereux à neutraliser", regrette Loïk Le Floch-Prigent. "Nous n'avons pas les moyens pour s'occuper valablement de 71.000 personnes en prison", insiste-t-il.

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