Loi contre le séparatisme : faut-il interdire que les petites filles soient voilées ?

Fatiha Boudjahlat, enseignante à Toulouse, essayiste et féministe universaliste. Autrice de Combattre le voilement (Cerf 2019), était l’invitée de Patrick Roger le 19 janvier dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

Faut-il interdirele port du voile islamique par des fillettes en France ? (crédit: Pixabay)

Selon Christophe Castaner, désormais président du groupe LREM à l’Assemblée Nationale, la question du port du voile n’a rien à voir avec le séparatisme islamiste.

 

"On voit surtout la lâcheté de la majorité"

"Je pense qu’au fond, c’est juste, estime Fatiha Boudjahlat, enseignante à Toulouse, essayiste et féministe universaliste. C’est surtout très révélateur des réticences de cette majorité LREM et du Président de la République à traiter ce sujet. Nous avons une majorité et un président authentiquement multiculturalistes. Il a fallu des drames, des attentats et un professeur décapité pour que le Président fasse sa mue."

Celle qui a écrit « Combattre le voilement » (Cerf 2019) serait-elle donc partiellement d’accord pour que ce sujet ne figure pas dans le texte ? "Le voile devrait être traité dans une grande loi sur la protection de l’enfance, plutôt que dans celle sur le séparatisme, estime-t-elle. Mais on voit surtout la lâcheté d’une majorité pas à l’aise avec ces sujets."

 

"Nous n'avons pas de chiffres"

Ce phénomène du voile islamique porté par des fillettes est-il en train de s’étendre ou demeure-t-il limité ? "Déjà, le fait de ne pas avoir d’informations est une information, juge Fatiha Boudjahlat. Ni le ministère de l’Intérieur ni celui de l’Education Nationale ne donnent de chiffres. Ce sont des données que nous n’avons pas. Ce phénomène n’est pas généralisé, mais il n’est pas anecdotique. Il existe une banalisation et elle se fait aux dépens des enfants et des petites filles."

Que pense-t-elle de la charte concernant les imams ? À ses yeux, va-t-elle dans le bon sens ? "Je ne comprends pas, reconnaît l’essayiste et féministe. Que se passe-t-il pour les organisations refusant de la signer ?" En effet, pour l’instant, trois organisations musulmanes représentatives l’acceptent, mais d’autres refusent encore de la signer.

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