L'oeil éco d'Yves de Kerdrel - "Bernard Arnault, l'empereur du luxe, ne s'arrête jamais"

Le PDG de LVMH rachète Tiffany, un des plus grands joailliers au monde en terme de vente et de présence internationale. Mais Bernard Arnault fait-il le bon choix en dépensant 14,7 milliards d'euros ? Décryptage d'Yves de Kerdrel, notre chroniqueur éco.

Déjà en 2017, Bernard Arnault, PDG de LVMH, lançait ses affaires avec les États-Unis

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Bernard Arnault, l’empereur du luxe, ne s’arrête jamais, il a conclu hier l’achat de Tiffany pour la somme record de 14,7 milliards d’euros

Rien n’arrête Bernard Arnault. Âgé de 70 ans, et alors qu’il est la deuxième fortune du monde, il vient de se battre un mois durant pour acheter Tiffany. Quand on est le numéro un mondial des produits de prestige avec des marques comme Vuitton, Dior, Céline, Fendi ou Bulgari ca paraît normal. Mais les actionnaires de Tiffany auraient bien aimé recevoir 150 dollars par action et Bernard Arnault ne paiera que 135 dollars. Pour la bonne raison, c’est qu’il n’y avait pas d’autres acheteurs. Les Kering ou Richemont n’avaient pas les moyens de sortir 14,7 milliards d’euros. L’opération devrait donc se faire au cours des mois qui viennent et se cloturer autour de juin 2020. Mais d’ores et déjà Bernard Arnault a prévenu que cette acquisition va accroitre le bénéfice opérationnel de LVMH de 500 à 600 millions en 2020. C’est ce qui explique que l’action LVMH a très bien réagi hier en étant parmi les plus fortes hausses de la bourse de Paris.

 

Pourquoi Bernard Arnault tenait-il tant à Tiffany ?

Pour les Américains, Tiffany est un peu leur icône du luxe avec les fameuses boites bleues et les pendentifs en diamant que s’arrachent les Américaines. Mais c’est plus que cela, c’est la seule marque américaine qui soit vraiment mondiale et qui dispose de 300 boutiques sur les cinq continents. Et cela est très important pour Bernard Arnault, car plus de 90 % du chiffre d’affaires de LVMH vient d’hors de France. La troisième raison qui l’a poussé à faire cet achat, c’est qu’il voulait se renforcer dans la joaillerie. Pour l’instant sa principale marque dans le domaine, c’est Bulgari, dont les résultats s’envolent depuis que LVMH l’a racheté. Mais Tiffany est beaucoup plus important et va pouvoir donner à son pôle joaillerie une place incontournable dans le monde. Et puis débourser près de 15 milliards d’euros, ce n’est rien pour LVMH qui dégage chaque année un autofinancement de 7 milliard d’euros. En plus avec des taux au plus bas, le groupe va financer cette opération avec des emprunts qui ne lui couteront rien. 

Il ne reste plus qu’à dire : Chapeau l’artiste !