Limitation à 80km/h : les associations s'écharpent toujours sur la mesure controversée

Alors que le décret instaurant la vitesse maximale à 80km/h sur les routes secondaires de France a été publié ce dimanche au Journal Officiel, la mesure divise toujours autant les usagers.

Panneau 90km/h route nationale

La vitesse maximale autorisée à 80km/h sur les routes secondaires, c’est pour (très) bientôt ! Dès le 1er juillet prochain, les conducteurs pris sur le fait risqueront une amende de 68 euros et le retrait d’un point sur leur permis de conduire. La mesure controversée et tant commentée depuis des mois a en effet vu son décret d’application être publié au Journal Officiel ce dimanche. Une mesure que ne digère toujours pas Pierre-Olivier Cavey, directeur des études de la Ligue de défense des conducteurs, l’une des associations qui a déposé un recours contre ce décret. Pour lui cette baisse de la limitation de la vitesse n'est qu'un outil fiscal.

"Il s’agit de flash-fiscalisation. Dès lors que vous baissez la vitesse maximale à 80km/h alors que l’ensemble de la population a l’habitude de rouler à 90km/h depuis des années et des années… Vous augmentez le nombre de radars et leur technologie avec la privatisation des radars embarqués qui vont sillonner les routes départementales alors qu’on baisse en même temps la vitesse maximale autorisée ! C’est forcément des rentrées d’argent gigantesques pour les caisses de l’État, au détriment des conducteurs encore une fois. Ce décret fait de tous les conducteurs des criminels en puissance. On ne peut pas laisser les choses se passer de cette manière, c’est impossible", dénonce-t-il.

Une position que ne comprend pas Christophe Ramon, directeur des études et recherches de l’association Prévention routière. "Les associations qui prétendent défendre les conducteurs devraient se préoccuper aussi de leur sécurité. On sait que c’est une mesure qui sera efficace, et je pense que les conducteurs s’y habitueront. Après les premiers chiffres d’ici un ou deux ans, on en verra les bénéfices avec plusieurs centaines de vies épargnées chaque année", assure-t-il.

Propos recueillis par Martin Juret