"L’hôpital public s’écroule" : l’alerte de 70 directeurs médicaux de l’AP-HP

Brigitte Soudrie, chef de service à l’hôpital Marin d’Hendaye, était interviewée dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 14 Novembre. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Photo d'illustration
Les hôpitaux et les services d'urgence en crise.

Après huit mois de crise des urgences et trois plans qui n’ont pas convaincu, les personnels de santé parlent d’une situation insoutenable. Aujourd’hui, 268 services d’urgence sont toujours en grève et de plus en plus d’urgentistes démissionnent. Six hôpitaux publics sur dix sont en difficulté financière. Plus de 13.500 lits ont été supprimés en six ans.

 

Quinze ans d'écroulement progressif

Brigitte Soudrie, chef de service à l’hôpital Marin d’Hendaye, en poste depuis 26 ans, va faire grève pour la deuxième fois. "La première fois, c'était en 1983, au début de mon internat, pour le paiement de la cinquième garde. Des gardes en chirurgie où on ne dormait pas de l’année. Je suis en fin de carrière, mais totalement solidaire de ce qui se passe. À Hendaye, nous faisons partie de l’AP de Paris, nous avons vécu ces quinze dernières années cet écroulement progressif, ces difficultés croissantes."

D’où vient cet écroulement ? "Des services parisiens. Nous sommes câblés avec ces services qui traitent les cas complexes, et nous servons en quelque sorte de service de délestage quand il n’y a pas de lit. Ce sont les neurologues et les réanimateurs de la Pitié-Salpétrière qui nous envoient leurs malades, qu’eux-mêmes n’ont pas les moyens de gérer."

 

"Une logique qui fait souffrir tout le monde"

Pourtant, en parallèle, on ferme de petits hôpitaux. "Je sors de mon droit de réserve. La fermeture de lits de long séjour ou l’asphyxie de petits hôpitaux font que l’on a des patients que l’on ne peut faire sortir car nous n'avons pas de solutions de long séjour. Trop de lits ont été fermés. Les lits lourds comme les miens sont embolisés. J’ai des patients dont la situation médicale et sociale fait que je ne peux pas les faire sortir. Et cela, tout le monde s’en fout."

"Je veux donner un coup de chapeau aux neurologues de la Pitié, explique par ailleurs Brigitte Soudrie. Ce sont des gens exceptionnels. Quand je vois Sophie Crozier prendre l’étendard... Il y a dix ans, on n'aurait jamais cru que quelqu’un comme cela se déchaîne. Ce sont de grands médecins, totalement engagés, qui n’en peuvent plus. À Hendaye, on est loin, mais proches fonctionnellement. Cela suffit. Les gens de l’AP-HP sont pris dans un étau, dans une logique qui fait souffrir tout le monde."

 

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Retrouvez "le coup de fil du matin" du lundi au vendredi à 7h12 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.


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