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L'ex-jihadiste Jonathan Geffroy se défend d'être "quelqu'un de dangereux"

L'ex-combattant de l'organisation Etat islamique (EI) Jonathan Geffroy, qui se présente comme un "repenti" du jihadisme, a soutenu lundi qu'il n'était "pas quelqu'un de dangereux" au premier jour de son procès en appel devant la cour d'assises spéciale de Paris.

DAMIEN MEYER - AFP/Archives

L'ex-combattant de l'organisation Etat islamique (EI) Jonathan Geffroy, qui se présente comme un "repenti" du jihadisme, a soutenu lundi qu'il n'était "pas quelqu'un de dangereux" au premier jour de son procès en appel devant la cour d'assises spéciale de Paris.

"J'ai toujours cherché à être droit et coopératif avec la justice. Je ne suis pas quelqu'un de dangereux", a assuré M. Geffroy, condamné en première instance à 18 ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté des deux tiers, pour association de malfaiteurs terroriste (AMT) et abandon de mineur.

Comme en première instance, la cour d'assises spéciale devra déterminer si Jonathan Geffroy est véritablement un jihadiste repenti ainsi qu'il le prétend ou un "opportuniste" qui a "adhéré sans réserve aux combats de l'EI y compris aux attentats en Europe" comme l'affirme le Parquet national antiterroriste (Pnat).

Cheveux courts et barbe brune soigneusement taillée, habillé avec élégance, épais pull gris et pantalon beige, une grosse montre au poignet gauche, le Toulousain s'est dit "écœuré" par la mise en doute de son repentir et a dénoncé une peine de prison "surdimensionnée" à son encontre.

"Je fais tout ce que je peux" pour aider la justice mais "on ne m'entend pas", a-t-il déploré.

"Il ne se passe pas un jour sans que j'ai des regrets d'avoir emmené femme et enfant" en zone irako-syrienne, a-t-il ajouté.

Jonathan Geffroy, 41 ans, est jugé aux côtés de son épouse, Latifa Chadli, qui comparaît libre à l'audience.

En première instance, Mme Chadli, une Marocaine de 41 ans, a été condamnée à 5 ans de prison dont trois assortis d'un sursis probatoire.

Toujours mariée avec M. Geffroy, elle garde contact avec lui "par téléphone" et "des parloirs".

Les deux enfants du couple (dont une fille née après leur fuite de Syrie) ont été placés dans une famille d'accueil mais Mme Chadli peut les recevoir durant les vacances scolaires et a un droit de visite deux fois par mois.

Habillée d'une robe longue à rayures, les cheveux relevés en chignon, Mme Chadli a expliqué à la cour qu'elle était partie en Syrie car elle ne pouvait pas se "séparer de (son) mari".

"C'est en détention que j'ai acquis mon indépendance", a-t-elle dit.

Avant son interpellation, Mme Chadli n'était jamais venue en France. Issue d'une famille marocaine attachée aux traditions, elle a vécu en Egypte avec Jonathan Geffroy avant d'aller en Syrie.

- "Une vie normale" -

En France, elle a repris ses études, a trouvé un travail. "J'aspire à une vie normale", a-t-elle résumé.

Le couple avait rejoint la Syrie en février 2015 avec leur fils, alors âgé de deux mois.

Jonathan Geffroy s'est converti assez jeune à l'islam, se radicalisant rapidement et effectuant de nombreux séjours en Egypte où il rencontrera notamment Abdelkader Merah, le frère de Mohamed Merah qui assassina en 2012 à Toulouse et Montauban trois militaires ainsi que trois enfants et un enseignant juifs.

Il s'installe au Maroc en 2013 où il épouse Latifa Chadli. Le couple s'installe en Egypte en 2014 avant de rejoindre la Syrie.

Lors de ses auditions devant les enquêteurs il a prétendu avoir gagné la zone irako-syrienne pour faire "de l'humanitaire".

L'accusation a cependant relevé qu'il a servi dans les rangs de katibas (brigades) combattantes de l'EI, dont une abritant les frères Fabien et Jean-Michel Clain, deux responsables de la propagande de l’EI, qui revendiqueront notamment les attentats du 13 novembre 2015 et une autre, en Irak, dont ont fait partie les assaillants du Bataclan.

En novembre 2016, il contacte lui-même la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) depuis un cybercafé de Raqqa. Il cherche à fuir avec sa famille. Il sera finalement capturé début 2017 par un détachement de l'Armée syrienne libre (ASL) près de la frontière turque.

Le couple et leurs deux enfants sont remis aux autorités françaises en septembre 2017. Jonathan Geffroy choisit de parler aux enquêteurs. Il révèle notamment que l'EI envisageait d'envoyer des enfants-soldats en Europe.

"Il ne nous a pas spécialement appris quelque chose de nouveau", avait balayé une enquêtrice de la DGSI en première instance.

Le procès est prévu jusqu'au 19 janvier.

Par Alain JEAN-ROBERT / Paris (AFP) / © 2024 AFP

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